En échange de leurs données, les citoyens veulent co créer les usages

Après la table ronde à laquelle j’ai participé à Lyon le 20 mai sur le Big Data et le rôle du citoyen, le Forum Smart City Bordeaux revenait lors d’une table ronde sur les enjeux de l’ouverture de données pour les citoyens et l’évolution des usages technologiques.

Pour Olivier Baccialone, délégué au développement régional du groupe La Poste en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, la numérisation du Groupe permet l’évolution des services proposés avec de nouveaux usages pour plus de proximité au quotidien et donc une simplification de la vie des usagers,  comme le service Domino qui permettra d’envoyer des colis à distance depuis chez soi.

Dans  les villes, l’entreprise de Stéphane Liénéré, Cartégie, collecte des données géolocalisées qui permettent de suivre les déménagements et les mouvements à l’intérieur d’une même commune. La ville peut alors à travers ce service améliorer sa communication envers les nouveaux habitants pour les informer des événements et services autour d’eux.

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Cependant, afin de faire adhérer les citoyens à ses nouveaux usages, il est important de les impliquer dans leur développement et de ne pas leur imposer. Selon Alexandre Borderies, directeur d’activité relations citoyens chez Berger-Levrault, éditeur de logiciels, le citoyen doit être en mesure de pouvoir interragir et de choisir le canal qu’il souhaite utiliser en donnant ses idées et ses avis. C’est en co créant les usages que les citoyens deviendront partie prenante de l’ouverture des données, pour une vie citoyenne plus harmonieuse.

Ces débats confirment l’intérét avéré par l‘habitant pour pouvoir disposer de sa donnée, de pouvoir agir avec les acteurs capables d’appoter de la valeur et amener de nouveaux usages permis par le numérique.

Cette tendance est en accélération depuis 18, 24 mois sur le rôle de plus en plus important de l’habitant dans le jeu des acteurs de la ville intelligente…

Nous l’avions identifié dans un projet en 2013 par leurs actions et commentaires au travers des réseaux sociaux et leur volonté de co-créer la ville

Retrouvez l’article complet sur: http://objectifaquitaine.latribune.fr/evenements/smart-city/2016-05-25/smart-city-les-enjeux-de-l-innovation-et-ses-usages-dans-la-ville.html

 

L’usager doit pouvoir avoir accès à la donnée brute qu’il a produit…Lyon débat ‘Big Data et citoyen’

A Lyon lors de la remise du prix de l’Innovation Smart City organisé par le journal le monde j’ai pu participer à une table ronde autour du ‘Big Data’ et des risques et droits vis à vis de la donnée privée et du citoyen.

J’ai pu débattre avec Karine Dognin-Sauze, Vice President du Grand Lyon en charge de l’inovation et de la ville intelligente, avec Daniel Kaplan, Président de la FING et Alain Staron, Vice President des innovations numériques chez Veolia.

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J’ai pu lancer le débat en confirmant que les Big Data étaient d’ores et déja présents, tant dans leurs dimensions de Volume, Vitesse et Variété, et que le nombre de données allait poursuivre sa croissance vertigineuse.  Certains évoquent 50 fois plus de données dans 8 ans, avec plus de 50 Milliards d’objets connectés en 2020 qui les produiront.

En début de discussion, plusieurs sujets ont été abordés comme celui de l’orientation ou de l’opacité des algorithmes qui vont s’appliquer sur la donnée, de la propriété de la donnée – même si sa spécificité fait qu’elle peut rester la proporiété de quelqu’un tout en ayant une autre instance traitée pour fournir un service – et très vite celui de l’asymétrie entre celui qui produit la donnée face aux groupes qui vont la traiter, voire en tirer profit.

J’ai insisté sur le fait qu’IBM apportait les outils à la collectivité ou aux opérateurs pour extraire et traiter la donnée mais n’était pas propriétaire de la donnée. De plus nos investissements en France apportent des garanties sur sa localisation.

L’asymétrie sur l’usage et son exploitation concerne plus les réseaux sociaux et Google, avec 300 Millions d’utilisateurs de Twitter, 400 Millions d’Instagram et plus de 1 Milliard et demi de profils Facebook.

Nous avons expliqué avec Alain Staron le projet HUBLOT de Lyon où Veolia et IBM ont pu apporter une solution de valeur qui a répondu aux demandes de la Metropole pour la gestion de l’eau tant sur le plan financier que sur celui de la qualité du suivi du réseau et notamment de la réactivité face aux fuites.Dans ce cas la donnée brute produite est cryptée, traitée et apporte un service à l’usager et à la collectivité.

Le rôle et l’intérét du TUBA à Lyon et d’autres lieux d’innovation ouverte, organisés autour de l’Open Data, regroupant grands groupes et start up pour créer de nouveaux usages autour de la donnée ‘exploitable’ ne sont plus à démontrer. Lyon avec le TUBA ou Montpellier avec IBM, qui ont été lauréat du challenge Big Data du gouvernement, ont démontré l’appétit des entreprises pour ces données, même si la viabilité et le ‘business model’ de certaines créations restent à démontrer dans le temps.

En dernière partie de la discussion, les questions sur le rôle du politique qui doit anticiper ces usages et être capable de légiférer pour respecter confidentialité et éviter les dérapages se sont accompagnées d’une discussion sur l’éduction à l’exposition de sa donnée personnelle sur les réseaux sociaux qui exige une prise de conscience des risques inhérents, notamment par les plus jeunes.

Enfin, en conclusion de la table ronde nous avons discuté de la possibilité à terme pour l’usager de récupérer sa donnée brute produite, au niveau du compteur d’eau, du compteur électrique intelligent ou par sa présence sur une caméra, et de la confier non pas à l’exploitant traditionnel, qui dans le cadre d’une concession ou régie va produire un service, mais à une start up ou entreprise de son choix pour qu’il lui ramène personnellement une valeur – dans ce cas sa donnée produite apporte un retour de valeur à son producteur non partagé avec une  communauté ….de nouveaux horizons pour l’Open-Innovation….

 

« Les big data sont-elles l’ennemi des citoyens ? » Retrouvez – moi demain aux Prix de l’innovation Le Monde Smart Cities

La remise des récompenses de la première édition des Prix de l’innovation Le Monde Smart Cities se déroulera  à Lyon ce vendredi 20 mai, pour faire avancer la ville intelligente et les innovations de demain.

Cette journée sera aussi animée par plusieurs tables rondes, dont une intitulée « Les Big Data sont -elles l’ennemi des citoyens? », à laquelle je participerai.

Plus d’informations en cliquant sur le lient suivant: http://www.economie.grandlyon.com/evenements/prix-de-linnovation-le-monde-smart-cities-2016-2015.html

Il n’y a pas d’investissements inutiles si ils contribuent à réduire les dépenses et à un développement plus durable

Je voudrais vous faire partager mon désaccord sur une analyse communiquée cette semaine selon laquelle les Smart City ne sont qu’un gouffre financier qui va conduire à des dépenses inutiles.

Nous savons tous que le débat s’enrichie de la contradiction, mais nous savons aussi combien il est facile de détourner des chiffres ou en tout cas de les présenter d’une certaine manière pour supporter une cause, fut elle fausse.

Il est maintenant avéré que ce marché existe quel qu’en soit sa taille ou son domaine d’application.Qu’il est basé sur de la récupération de données, que l’on va traiter pour soit optimiser les systèmes, soit apporter de nouvelles informations, soit apporter de l’aide à la décision aux décideurs soit créer à partir de ces dernières de nouveaux usages aux services des administrés.Et ceci dans les domaines majeurs que sont : la mobilité, la sécurité, l’énergie avec le ‘smart grid’ et les batiments intelligents, la gestion de l’eau, la gestion de déchets, la diminution de la pollution et l’économie circulaire.Et  il faut rajouter et surtout ne pas oublier les outils de ‘coopération’ entre citoyens ( plateforme de partage par exemple ) et la collectivités, les forum, les applications de concertation, de co-creation ou de signalement

Le cabinet ‘Machine Research’ estime que la Smart City induirait dans les dépenses liées à l’IOT une dépense de 341 Milliards de dollars supplémentaires pour les collectivités d’ici 2025.

https://humanoides.fr/2016/05/les-municipalites-pourraient-gacher-341-milliards-dans-le-deploiement-des-smart-cities/

Il est probablement facile de ‘discuter’ du chiffre, de le diviser par 2 ou de l’amplifier sans que ceci ne conduise à une position différente.

La vraie question soulevée ici est plutot de savoir dans quel contexte, de quelle manière et avec quelle méthodologie il faut engager les dépenses supplémentaires que pourraient conduire à faire une ‘municipalité’ voulant avancer dans son ‘voyage’ vers une Smart City.

En effet, le sujet n’est pas de ‘chercher le graal’ mais tout simplement de rendre la ville plus durable dans son développement et de structurer une démarche d’investissements qui supporte cette stratégie.

Il est nécessaire de définir une ‘feuille de route’ de ce que l’on cherche à faire, de la faire évoluer au regard des contraintes et opportunités mains nénamoins d’en garder l’esprit.La Ville durable, supportée par la ville intelligente ne consiste pas à investir pour l’atteindre mais de revoir l’ensemble des investissments que la collectivité entend lancer en intégrant comment les technologies, la participation citoyenne, le retour temps réel et prédictif de l’information va modifier et changer voire remplacer le projet d’investissement, et enfin comment la technologoie va permettre d’apporter des gains de fonctionnements.

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On a le droit de dépenser 100 si le retour est de 500 ou si sa contribution est significative sur la durabilité de la ville.

Au travers de plusieurs projets comme à Madrid en rendant variable les dépenses vers les tiers exterieurs aidés grace à des informations issues des capteurs et des  informations citoyens, ou à Nice avec l’optimisation des tournées des camions de ramassage de déchets nous avons démontré qu’un investissement allait permettre très vite d’être remboursé, de générer des gains et d’améliorer les facteurs de pollution et de nuisance.

 

 

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Opposer technologies et citoyens : un sujet dépassé …

Différents points de vue se distinguent lorsqu’il s’agit de réfléchir à la place des nouvelles technologies cognitives dans le périmètre d’action des humains.

Les pratiques et les usages évoluent rendus possibles par la technologie.

Avec l’émergence des pratiques de partage comme ‘Blablacar’, avec seulement 15% des parisiens qui possèdent une voiture, on constate des évolutions dans les façons de concevoir la mobilité au quotidien par exemple.

Les dispositifs de co-creation, de crowd-funding impliquent les individus mais ne sont rendus possibles que par la technologie et la nouvelle économie des ‘plateformes’.

Pour Carlos Moreno, expert en ville intelligente, seule une ville qui place les citoyens au centre de ses préoccupations pourra être en mesure de répondre aux défis futurs de la ville. Les nouvelles technologies sont alors des outils numériques à disposition des citoyens pour permettre de créer des services, mais l’innovation et la réflexion passe avant tout par l’humain.Nous sommes tout à fait d’accord sur ce point de vue qui renforce la position de l’habitant dans la ville

Avec le développement de l’Internet des objets, une partie des échanges se fera de plus en plus directement entre machines sans pour autant supplanter l’humain.

Pour Emmanuel Hirsch, la santé connectée et l’homme ont intérêt à se compléter mais ne peuvent pas se substituer. Le professeur d’éthique médicale et directeur de l’espace éthique île de France émet le point de vue suivant « tant mieux si aujourd’hui les technologies nous permettent d’avoir des pratiques médicales plus adaptées à a la situation de chaque personne » mais « la technologie ne se substituera pas à la parole du médecin».

C’est aussi l’interprétation qu’en fait Jean-Louis Perol, Directeur général de Clustree, une entreprise qui met le Big Data au service des ressources humaines. Pour lui, le Big Data est un »terreau riche » qu’il faut savoir interpréter. Ainsi la technologie ne se substitue pas à l’intelligence humaine, mais toute sa valeur se trouve dans le fait qu’elle permet une meilleure disposition et compréhension pour prendre des décisions.

Pour Peter Thiel, cofondateur de Pay Pal avec Elon Musk, rien n’oppose l’humain à la technologie, et si « les ordinateurs réalisent certaines choses mieux que les humains, notamment dans le domaine du filtrage des données de masse; pour le reste, l’homme est toujours le meilleur. »

C’est finalement la position que nous adoptons chez IBM avec les solutions cogitives Watson et l’assistant intelligent, qui est capable de communiquer en langage naturel puis d’analyser de nombreuses données de toute nature, notamment non-structurées en un temps record pour proposer à l’humain des décisions possibles, de façon documentées et en lui laissant le soin de prendre sa décision.

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Le robot Pepper d’IBM                                                                                                          credit: Aldebaran

L’enjeu est la plateforme de mobilité : Montreal ne s’y est pas trompé

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crédit: livemontreal

Après Chicago, c’est au tour de Montréal ce vendredi 22 avril d’annoncer un partenariat d’entente avec Waze, application de navigation gratuite appartenant à Google et permettant aux conducteurs de calculer des itinéraires et de connaître en temps réel l’état du traffic grâce à son volet social et à la communauté de Wazers qui signalent directement les embouteillages, accidents, etc, mais surtout rassemblant des informations issues des personnes qui se déplacent.

Durant ce pilote d’une durée de 2 ans, les données récupérées par l’application seront fournies à la Ville de Montréal, qui en échange communiquera par exemple sur les rues fermées pour les travaux de voiries à Waze  pour enrichir les informations mises à disposition des utilisateurs avec des informations publiques certifiées.

Pourquoi une telle démarche ?

Ainsi, en récoltant ces données via Waze, Montréal  confirme la nécessité de récupérer les données de mobilité, quelles qu’en soient leur source et de créer une plateforme de données de mobilité au niveau local,  de les classer, les analyser en appliquant de l’analytique ou du cognitif, pour donner des informations tangibles et pertinentes aux conducteurs et citoyens.

Au delà, c’est aussi le défi pour la collectivité locale de garder l’autorité en matière de transports et de communiquer conformément à sa politique de mobilité

IBM a signé un parteneriat avec PSA et les 3 marques du groupe pour avoir accès à de nouvelles sources de données précieuses afin de pouvoir extraire par l’analytique de l’information complémentaire

Dans un même ordre d’idée le rachat par IBM de la compagnie ‘The Weather’ permet d’intégrer au delà des données de mobilité des informations météorologiques sur des rectangles de quelques centaines de mètres permettant en corrélation avec d’autres données d’apporter de l’information et des suggestions de mobilités qui tiennent compte des conditions météo.

L’enjeu pour la collectivité territoriale est de pouvoir rassembler ces sources de données, de les traiter avec un angle de services nouveaux, de prédiction, d’anticipation de décision et de les enrichir par des informations publiques validées, avérées et vérifiées que ses services de mobilités ou des acteurs qui accèderont à ces données mettront à la disposition de la population dans des conditions définies.