L’Open Data dans les villes, l’exemple américain

Afin d’illustrer le rôle grandissant de la data dans l’optimisation des services urbains, nous avons choisi de mettre en avant 5 villes américaines particulièrement engagées dans la valorisation et l’exploitation de l’urban data.

Boston, Chicago, Los Angeles, New-York et Pittsburgh sont à des stades d’exploitation de data différents et disposent chacune de leur spécificité et de leurs propres enjeux. Toutefois, elles ont en commun une volonté politique impulsée au plus haut niveau ainsi qu’un lien étroit avec le secteur privé et la société civile.

Lancé en 2009, Data.gov est le portail du gouvernement américain qui donne accès aux bases de données publiques afin de renforcer la transparence des services publique et d’impulser la participation des citoyens et leur collaboration aux services de la ville, dans le but d’améliorer leur efficience.

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Zoom sur les stratégies et projets amorcés par ces villes.

BOSTON :

 

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Skyboat and Boston skyline (ninezero.com)

Boston a appliqué une politique avant-gardiste d’Open data de la ville à double sens: les citoyens sont  encouragés à réunir et partager les données avec la ville, mais également à la ville d’évaluer en continu l’éfficacité des politiques publiques et à renforcer les liens avec les citoyens en faisant preuve d’une grande transparence sur ces dernières. Cette culture est à l’initiative de nombreuses applications. Les citoyens génèrent alors régulièrement des données utilisés pour améliorer les rues de la ville, comme avec l’application Street Bump.

Spécificités :

  • La ville a mis en place des dispositifs offrant une grille d’évaluation de la performance des actions menées par la ville
  • Mise en place de Crowdsourcing pour inciter les citadins à produire de la donnée de façon régulière
  • Investissement de la donnée dans la création de services de proximité adaptés aux besoins quotidiens des citadins

 

 LOS ANGELES :See original image

Los Angeles, CA

GeoHub est le portail d’informations et de données couvrant l’ensemble de la ville de Los Angeles, qui a initié le LAAS (Localization As a Service), un concept qui combine les trois catégories de services de cloud computing: l’infrastructure, les applications et le PaaS ou Plateforme as a Service, afin de mettre à disposition des applications pouvant être utilisées de façon ubiquitaire par tout le monde.

C’est alors tout le SIG (système d’information géographique) des services de la ville qui partagent leurs données métiers avec par exemple 87 couches en transports, 32 en santé, 65 en infrastructures, etc

Spécificités :

  • Création de nouvelles entreprises de services
  • Transparence et analyse de l’action publique assurées par des outils d’évaluation
  • Objectif de faire de LA une ville verte et durable

 

NEW YORK :

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(startupbootcamp.org)

Outil de référence pour la ville de New York, l’Open Data Portal  a été créé en 2013 et a été consulté plus de 2,8 millions d efois à l’issue de lapremière année de mise à disposition. Les données de sécurité publique, résultats des inspections de restaurants, informations en temps réel sur le trafic routier, archivage des plaintes liées à l’habitat, etc., hébergées dans les data sets représentent plus de 600 millions de rangées de données.

Spécificités :

  • Coopération soutenue entre la ville (données publiques) et l’écosystème des start-up high-tech donnant lieu à de nouveaux services urbains
  • Réappropriation citoyenne des données publiques (outils Open Source)

PITTSBURGH :See original image

 

La démarche Open Data de la ville de Pittsburgh se caractérise également par une forte implication des citadins, mais ajoute aussi l’organisation régulière de hackathons pour encourager la création d’applications mobiles améliorant les services des habitants.

Spécificités :

  • Stratégie de sensibilisation des citadins aux enjeux du Big Data
  • Redynamiser l’économie du territoire et lutter contre la pauvreté par une politique d’Urban Data à l’échelle régionale
  • Ebauche de réglementation de la réutilisation des données ouvertes de la ville

CHICAGO :See original image

(dbfchicago.com)

Le portail de la ville de Chicago est remarquable pour la richesse et la transparence des informations qu’il met à disposition des citoyens : liste des titulaires des marchés publics, prix et types de prestations réalisées et budgets détaillés de la ville de même que le nombre, le nom et le salaire des personnes qui travaillent dans les différents services de la ville.

Une diversité de projets témoignent de la volonté de Chicago de s’engager dans l’innovation:

  • « MetroChicagoData.org », regroupant sur un site commun les données des différentes administrations afin d’accroître l’efficacité des services et permettre l’accès à des informations vitales. En 2012, MetroChicagoData.org fut classé par le journal InformationWeek dans le top 15 des innovations gouvernementales ;
  • « Cities.Data.Gov », un site de données et d’applications pratiques pour la vie quotidienne;

Spécificités :

  • La ville réalise des projets sur le long terme pour répondre aux besoins de proximité
  • Chicago est une des villes pionnières en matière d’analyse prédictive
  • Différentes plateformes d’implication des citadins dans la réflexion sur l’Urban Data et ses débouchés concrets.

co-écrit avec Geraldine Saur Master II Paris-Dauphine en Management et Business Transformation

 Références:
http://owni.fr/2010/05/31/opendata-12-data-gov-ou-data-gov-uk/
https://socrata.com/case-study/useful-data-for-everyone-the-city-of-boston-and-open-data-strategy/
http://www.lafabriquedelacite.com/fabrique-de-la-cite/site/fr/interventions/pages/jascha_franklin_hodge_la_data_au_service_des_citadins_07062016.htm
http://www.sigtv.fr/Le-SIG-au-coeur-de-la-dynamique-Smart-City-de-Los-Angeles_a297.html
http://www.lafabriquedelacite.com/fabrique-de-la-cite/data.nsf/951F68AEB0B75B1CC1257E0F003225D2/$file/etude_def_urbandata2.pdf
http://www.lafabriquedelacite.com/fabrique-de-la-cite/site/fr/interventions/pages/intervention_de_debra_lam_pittsburgh_innovation.htm
http://www.fondapol.org/politique-2-0/chicago-et-open-data/

La Smart City part de la donnée …. Vers l’Open Data

La donnée : matière première de la ‘ville intelligente’

Dans leur quête vers la Smart City : la ville parfaite, intelligente et réactive à l’écoute du citoyen, les villes s’appuient sur le numérique pour amplifier leur développement économique, améliorer leur efficacité opérationnelle, la gestion de l’énergie de la mobilité ou de la sécurité et bien sûr les services au quotidien pour rendre la vie meilleure à leurs habitants.

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Pour cela, un élément est essentiel : la donnée.

Géo spatiales, de pression, de vitesse ou énergétiques, capter et disposer de ces gigantesques masses de données générées en continu notamment par les différents capteurs, opérateurs urbains, individus, véhicules connectés, smartphones ou applications va être la première condition à la mise en place d’une ville intelligente et durable.

La Base est donc de parvenir à récupérer toutes ces données de façon précise, les agréger, les trier, les normer, les classer et les gérer avant de pouvoir les remettre à disposition des services, applications pour les usagers de la ville alors en mesure de les exploiter.

Pour mener à bien leurs projets, les villes mettent en place ou vont devoir mettre en place une stratégie de Big Data,  qui va suivre principalement deux schémas :

Un axe opérationnel : Utiliser les données en temps réel pour optimiser le fonctionnement de la ville, mieux piloter les flux de transport et d’énergie, et pouvoir prévenir et traiter les moindres incidents ex : IBM a démontré à Madrid, Nice, Rio, Montpellier, Miami ou Mineapolis comment la collection des données et leur exposition après traitement analytiques pour action permettait d’optimiser les opérations de la ville et de réduire les dépenses ou les risques, Dijon a lancé une consultation avec le même objectif.

Un axe servitiel : Développer de nouveaux usages et services pour les habitants, à travers une vision participative de la création d’une Smart City, où les start ups et citoyens sont invités à collaborer et développer des projets au dela de ceux produits par la collectivité.ex : Chicago, NY, San Francisco, Lyon avec le Tuba, Rennes, Montpellier, Paris avec le Numa en sont quelques exemples.

Il s’agit finalement pour les citoyens de partager à priori les données qu’ils produisent au quotidien dans un contexte où ils ne savent pas forcément l’objet et les conditions de leur utilisation pour en espérer une utilisation qui leur serve à postériori.

Il est alors essentiel dans ces conditions que cette stratégie d’Open data affiche certains principes pour remporter l’adhésion des usagers et soit couronnée de succès :

  • Les technologies de Big Data utilisées doivent garantir la transparence et intéresser directement l’usager des services de la ville
  • La ville doit rassurer les habitants sur le respect de la vie privée par des outils et méthodes expliquées.
  • La ville doit ensuite collaborer avec les entreprises et opérateurs qui recueillent les données pour trouver les meilleures solutions qui combinent savoir métier et innovations technologiques mais aussi avec les citoyens
  • La ville doit enfin construire l’environnement urbain, contractuel et de participation permettant ces croisement de richesse et de compétences : Par exemple Veolia est en partenariat avec IBM pour rendre la gestion de l’eau plus efficace et moins chère à l’usager et Huawei, ENGIE a annoncé cet été son partenariat avec IBM dans les Smart City et les grands groupes acquirent ou prennent des participations dans des start up comme cette semaine le groupe Lacroix avec Neavia Technologies.

L’étape suivante consiste alors à libérer complètement ces données produites par la collectivité et en tout ou partie celles des opérateurs sous forme d’ Open Data, ceci se fera  au travers d’une plateforme digitale permettant la mise à disposition et l’utilisation des données par des tiers pour accélérer le voyage vers la Smart City.

Références :