Colloque au Sénat : Le phénomène urbain

J’ai participé le 21 octobre à la table ronde sur ‘la Ville en réseaux’ présidé par Axelle Lemaire.

Dans le cadre de ses travaux sur la ville le Senateur ‘Le Sueur’ avait organisé un colloque sur le ‘Phenomène urbain’, après avoir rédigé un rapport significatif en 2011 sur la Ville.

Colloque sénat.jpg

La diversité des intervenants a fait comme le rappelait Mme la Ministre qu’à sa gauche s’étaient plutot exprimés les tenants du ‘réel’ alors qu’a sa droite s’étaient développés les points de vue du ‘virtuel’ sur les questions du ‘réseau’ au sens : conectivité, ouverture, numérique, ‘Smart’, intelligent … adjectifs associés aujourd’hui aux villes.

Bruno Marzloff sociologue et ancien dirigeant de Chronos et Jean-Baptise Roger directeur de la fonderie ‘Fab-lab – Info-lab’ du territoire francilien, pour le coté virtuel et la donnée ont présenté sa potentialité , avec ses exigences de gouvernance et pour Jean-Baptiste Roger, revendiquant le qualificatif de ‘geek’, toute la puissance d’innovation et de créativité portée par la donnée.

J’ai voulu profiter de cette opportunité pour rappeler la profonde mutation de la ‘société’ dans laquelle nous vivons par le numérique, mutation à une vitesse qu’aucune autre innovation par le passé n’avait atteinte.

Les ‘GAFA’ avec leur toute puissance mais aussi leur jeunesse, les nouvelles entreprises dont le modèle de business est bati sur les ‘plateformes numeriques’ de mise en contact comme : AirbNb, Uber ou Netflix.Un banquier rappelait le défi pour lui, lors d’un précédent évenement qu’une personne mettait 1mn40 en moyenne pour entrer en contact avec un chauffeur Uber et 2h pour entrer en contact avec un conseiller de sa banque….une incroyable différence qu’il lui fallait combler en misant sur le numérique, multi-canal…..et le cognitif c’est d’ailleurs ce que nous faisons chez IBM auprès de conseillers clientèles.

Ce phénomène touche bien sûr les villes, leurs élus et chacun de nous en tant qu’habitant d’une commune.

Il faut alors voir le numérique comme un outil aux mains à la fois du décideur, pour simplifier les services, apporter de nouveaux services, réduire les dépenses ( comme celles de l’eau – ce que nous faisons avec Veolio – ou d’énergie comme nous l’avons fait dans un lycée des hauts de France ) mais aussi de l’habitant pour co-créer, co-décider et interagir avec la ville pour l’aider à mieux s’organiser ( je pense aux application de signalements qui poussent les services techniques à mieux s’organiser pour répondre à la demande rapidement – le rappelait aussi Jean-Baptiste Roger )

La Mobilité, la Sécurité et l’Energie et l’Eau sont les points d’entrée principaux sur le territoire avec des solutions ‘métier+numérique’ qui apportent le temps réel, la prédiction, l’anticipation, le cognitif comme nous le proposons actuellement sur de nouveaux projets, l’interface mobile et les couts accessibles par les nouvelles technologies agiles, je reviendrai ulterieurement sur les exemples concrets.

Le phénomède de la donnée va s’amplifier avec l’Internet des Objets ( autant que d’individus en 2016 et près de 50 Milliards en 2020 ) et comme le dit ‘IDC’ en 2018 75% des données traitées dans les applications offertes aux habitants seront issues du ‘crowdfunding’ pour deulement.

J’ai ausi confirmé que l’approche vers les villes se fait systématiquement en consortium, grandes et petites entreprises pour aboutir à une offre complète sans opposition mais non plus sans excusive aux uns ou aux autres et que pour IBM la collectivité doit rester le Tiers de confiance de l’information sur son territoire.

Pour conclure, j’ai souhaité faire 3 suggestions à Mme La Ministre, que je me permets de rappeler ici :

1/ Annoncer un programme de subventions ‘basés sur des appels a projets – simples et numérisés à instruire’ pour des projets de type ‘smart city’ en France  ( via le CGI ) mais avec l’angle d’entrée du numérique et non pas de l’énergie, de la construction de batiments ou de la la mobilité comme la pluspart des Appels à projets français ou européens.Et en assurant une contribution partagée, la moitié des projets venant des Metropoles, et l’autre des villes moyennes et petites.

2/ Favoriser les ‘Infolab’ dont nous avions déja parlé qui permettent aux gens d’utiliser des outils simples basés sur des algoritmes et utilisant les données ne Open Data des territoires, en vue de ‘banaliser’ l’utilisation de la donnée et de la démystifier.

3/ Enfin j’ai proposé que sous son haut patronage et en collaboration avec  le Syntec numérique nous proposions un forum d’une journée pour présenter les meilleures pratiques des collectivités en respectant la aussi la parité des grandes et petites villes.

16-oct-21-colloqie-au-senat-img_1632

 

 

 

Mise en service du dernier-né des centres d’hypervision de Véolia à Lille

Décliné à partir d’une technologie IBM, le nouveau centre d’hypervision de Veolia Vig’léo a été mis en service dans la Métropole Européenne de Lille. Retour sur cette solution innovante dans la gestion des services de l’eau.

« La Métropole Européenne de Lille lance Vig’iléo, dernier-né des centres d’hypervision de Veolia pour piloter le service de l’eau du futur.

Information immédiate des usagers, interventions techniques rationalisées, préservation de la ressource, mise en place de mesures réactives en cas de contamination bactériologique du réseau, transparence et amélioration des performances sont les principaux objectifs de Vig’iléo. Véritable « centre d’intelligence », il assure un suivi en temps réel du 4ème plus grand réseau d’eau potable de France.capture-decran-2016-10-12-a-17-16-03

Vig’iléo, centre de pilotage high tech au service de l’eau.

 

Vig’iléo est un centre d’hypervision capable de synthétiser sur une seule interface toutes les données qu’il reçoit des logiciels métiers, des smartphones des agents, des capteurs de terrain, des retours des usagers, etc. Il croise des informations liées à la qualité de l’eau, au plan du réseau, aux alertes fuites, au suivi de la flotte de véhicules, offrant ainsi une vision à 360° du service de l’eau dans la métropole.

Via un outil cartographique novateur, il suit en continu et de façon centralisée l’activité du réseau et pilote plus efficacement les opérations de terrain.

Avec le déploiement de plus de 1 000 capteurs mobiles sur les 4 300 kilomètres de réseau, effectif d’ici fin 2017, Vig’ileo met également en place un programme de recherche de fuites. Il s’agit de

disposer d’un réseau en parfait état de fonctionnement pour atteindre les objectifs de performance demandés par la MEL (en passant de 80% à 85% d’ici 2024). Au final, cela permettra de prélever moins d’eau dans la nature.

Pour répondre aux objectifs de gouvernance et de transparence, les données générées par Vig’iléo sont accessibles aux services de la MEL dans le cadre de la délégation de service public contractée avec iléo, filiale de Veolia au service des habitants de la métropole. Les services de la MEL peuvent ainsi participer au pilotage du centre et suivre les interventions techniques en temps réel.

Avec Vig’iléo, Veolia lance le service de l’eau du futur dans la Métropole Européenne de Lille

Ce centre de pilotage, le 3è développé par Veolia dans le monde, fait appel aux technologies les plus avancées en matière de smart city.

Vig’iléo est une déclinaison de la Smart Water Box de Veolia. Conçue en partenariat avec IBM, elle s’appuie sur les technologies numériques les plus avancées : capteurs internet des objets, Big Data, sécurisation des données, visualisation des résultats, interaction participative des citoyens.

Le traitement des données des services d’eau et d’assainissement permettent d’améliorer la performance, la qualité de service, la gestion de crises et l’information des parties prenantes.

« Cette forme innovante de gestion est transparente, particulièrement performante techniquement et solidaire d’un point de vue social et sociétal. C’est l’indispensable outil du service de l’eau du futur », déclare Antoine Frérot, Président-directeur général de Veolia.

La Métropole Européenne de Lille, territoire connecté et durable

Avec la création de Vig’iléo, la Métropole Européenne de Lille franchit une nouvelle étape dans la construction d’un territoire connecté et durable. « Grâce à Vig’iléo, nous allons pouvoir suivre parfaitement notre réseau, l’un des plus étendus de France. Cela nous offre des possibilités supplémentaires pour mieux piloter dans l’avenir les équipements en fonction des besoins énergétiques », explique Damien Castelain, Président de la Métropole Européenne de Lille.

Depuis plusieurs années, la métropole mobilise toutes ses compétences au service d’un aménagement durable pour son territoire (85 communes, 1 100 000 habitants). Cet été, la métropole a d’ailleurs décroché l’appel à projets national sur les Réseaux Electriques Intelligents (REI) avec son programme So Mel So Connected. L’objectif poursuivi est d’accompagner la mise en œuvre de solutions innovantes permettant d’optimiser le pilotage et l’utilisation des réseaux. Cela permettra à terme d’apporter de la flexibilité dans la gestion des réseaux électriques pour faciliter l’intégration des énergies renouvelables et maîtriser la demande en énergie. »

Les Infolab au secours de la demystification des algorithmes de traitement de la donnée

L’open Data et la libération de données est déjà très présent et nous avons eu l’occasion de regarder notamment son expansion dans les villes françaises et sa prise en compte très au sérieuse par les plus grandes villes américaines autour de ces ‘CDO’

C’est le moment de poursuivre son amplification et la création de valeur associée attendue au travers du traitement de la donnée avec les algorithmes analytiques ou cognitifs. Pour cela il faut  surmonter les questions de confiance sur l’utilisation de la donnée et aussi améliorer la compréhension de comment en est extraite la valeur en notamment sensibiliser les citoyens et les collectivités à ce sujet….les Infolabs pourraient ils nous y aider ?

De plus, nous ne sommes plus aujourd’hui seulement confrontés à l’explosion du volume de données produites et captées et à l’ouverture des données publiques, mais également à tout type de données personnelles et collectives  qu’il devient essentiel de comprendre, de s’approprier mais aussi de pouvoir interpréter.

Le principe n’est en effet pas de libérer les données mais bien d’en tirer de nouveaux usages en y associant les utilisateurs, aujourd’hui souvent démunis face à ces réservoirs de données complexes, qui restent réservés aux spécialistes.

Or les citoyens sont bien essentiels à l’initiation des projets de ville intelligente assurant ainsi leur adhésion et facilitant le passage à l’échelle.

Un des développements intéressants que nous souhaitions remarquer ce jour est celui d’espace appelé Infolab.

Leur apparition est liée à l’idée d’instaurer des espaces d’échanges, d’exploration et d’apprentissage au traitement des données pour favoriser une appropriation large par le  plus grand nombre.

A partir de 2013 apparaissent ces espaces Infolabs, dispositifs d’innovation ouverte pour prototyper des usages de l’information (définition de la Fing, Fondation Internet Nouvelle Génération ), en mettant à disposition des ressources, apportant des compétences, et en faisant se rencontrer les acteurs afin de répondre à des besoins propres et en mettant en avant l’aspect de l’accompagnement de projet.

Les Infolabs pour la donnée à l’image des ‘Fablabs’ pour la matière sont des lieux de partage de savoir-faire, de sensibilisation, de formation, et de prototypage d’usage avec des méthodologies et des compétences propres dans le but de bâtir des projets et de nouveaux usages.

Image result for infolabs

www.lemag-numerique.com

Selon la charte des infolabs (infolabs.io), c’est un « espace d’accueil ouvert et accessible à tous, qui recherche la diversité et la complémentarité des publics afin de privilégier la collaboration pour des idées plus neuves et enrichissantes ».

A qui s’adressent alors principalement les infolabs?

  1. aux particuliers et citoyens qui apprennent à traiter les données et peuvent également participer aux débats et aux projets initiés
  2. aux collectivités qui souhaitent utiliser les données de leurs territoires pour créer de nouveaux services aux citoyens
  3. aux entreprises qui incubent des projets, se forment ou font tester des services
  4. aux producteurs de données qui cherchent à valoriser leurs données et avoir des retours de leurs usages

3 ans après…comment poursuivre et amplifier ?

… Les infolabs sont encore peu développés et leur nombre est encore limité que ce soit en France ou dans le monde.  Cela tient notamment au fait que leur action est moins ‘concrète’ que la réalisation d’objets dans les Fablabs. L’enjeu est donc de réussir à développer des visualisations des données manipulables ou dynamiques afin de les représenter de manière physiques et en temps réel.

L’autre question vitale, concerne bien sûr la pérennité financière de ces structures. Aujourd’hui, les territoires investissent de l’argent dans les infolabs, mais ce soutien financier par définition et en tendance est limité notamment à cause des contraintes budgétaires des collectivités

Pour notre part, nous pensons que ces lieux ne remplaceront pas les travaux et projets conduits par des entreprises pour tirer parti des données au profit des territoires ou des acteurs publics et privés mais peuvent être complémentaires.

Les projets conduits par IBM avec et par ses partenaires industriels ces dernières années comme Spie, Veolia ou ENGIE ont apporté de la valeur aux territoires, que ce soit sur le traitement analytique des images de video-protection, la gestion ‘smart’ de l’eau, la gestion et le déploiement de bornes de recharge électrique pour ne citer que ces trois exemples. Ces projets ont répondu à des impératifs industriels qui ont nécessité les capacités métiers et numériques de nos entreprises et apporter gains et fonctionnalités recherchés.

En complément, les Infolab nous semble être une fantastique opportunité d’accélérer la ‘vulgarisation’ de la création d’usages à partir de la donnée et d’aider à démystifier les risques portés par le mot ‘donnée’ privée

Leur ‘business model’ au-delà du soutien public pourrait être à côté des réalisations privées comme celle d’un lieu de prototypage et de complément avant les pahses de déploiement à l’échelle.

 

Co-écrit avec Géraldine Saur – Apprentie Smarter City IBM France

Références:

 

Le numérique comme vecteur de transformation pour l’efficience économique des territoires – Matinale Maison de la Metropole de Nice

Mercredi 28 Septembre, j’ai eu l’honneur d’intervenir à la Matinale Eco à la Maison de la Métropole de Nice et PACA à Paris pour rappeler les enjeux de la donnée mais aussi les contraintes et nécessités de sa mise en oeuvre

Animée par Virginie Atlan, cette édition portait sur le thème des usages de la donnée au service de la ville numérique et de l’efficience économique des territoires.

Comme l’a justement rappelé Robert Vassoyan (DG de Cisco France), aujourd’hui s’est installée en France une dynamique numérique et entrepreneuriale sans précédent. Ce ne sont pas moins de 80% des industries qui sont impactées par le numérique. Il est donc indispensable pour les territoires et les métropoles de s’équiper de cet outil précieux devenu vecteur de transformation et qui accompagne l’urbanisation.

C’est dans cette optique et celle d’améliorer la qualité de vie et de travail des citoyens que l’on retrouve l’ambition de la région PACA de devenir la 1ère Smart Région d’Europe nous rappelle Caroline Pozmentier, Vice présidente de la région PACA  et maire adjointe au maire de Marseille.

Pour Nice la trajectoire est bien établie et le pari presque gagné puisque selon le cabinet d’étude américain Juniper Research, Nice serait déjà la 4ème Smart City au monde derrière Barcelone, New-York et Londres. Mais il s’agit surtout d’agréger tous les paramètres et opportunités pour garantir la pérénité de cette dynamique. Ainsi, la Metropole continue de s’entourer de partenaires publics et privés et parmi eux IBM, a toujours affiché cohérence dans l’action et continuité dans l’approche et l’accompagnement appuyés par nos compétences installées à Nice Meridia.

Concrètement, depuis quelques années déjà, IBM a bati une perspective avec la Métropole de Nice en l’accompagnant à architecturer la démarche autour de  l’hyperviseur de la Metropole ( la plateforme de données consolidant les diverses initiatives Smart de la collectivité ). Ainsi, nous avons pu démontrer que le fait d’utiliser le numérique et les données permettait de faire des économies. Nous avons démontré la performance sur le ramassage des déchets, la capacité à prévoir le trafic jusqu’à une heure à l’avance qui permettrait d’optimiser la gestion des feux

Cette année, nous avons accompagné la ville à améliorer la récupération d’informations et la création d’indicateurs pour prévenir les innondations .Nous poursuivons les projets avec le projet de Monitoring Urbain associé à Orange et Véolia et des acteurs locaux regroupant les données environnementales.

Si l’utilité de la digitalisation des infrastructures et services urbains est aujourd’hui indéniable, le succès de ces projets vient également confirmer leur rentabilité et leur participation à l’efficience économique des territoires.

Les données sont un vrai « instrument de puissance » selon Jean-Baptiste Carpentier, Commissaire à l’information stratégique et à la sécurité économique. Il est donc du devoir de l’Etat d’aider à la cohérence des projets numériques avec la stratégie des territoires en promottant cette politique sur l’ensemble du territoire. Et cela commence bien évidemment par la mise à disposition des outils nécessaires à cette digitalisation.

Les données étant au coeur de cette révolution, faciliter leur ouverture est une étape primordiale. A cet effet, un projet de loi numérique (définitivement adopté l’après-midi même du 28 Septembre 2016) introduit entre autre le principe de l’ouverture des données par défaut, étend le principe de l’Open Data à 4 000 communes et anonce la création d’un service public de la donnée. Toutefois, l’ouverture des données pose également la question de leur circulation et de leur protection dont le cadre reste difficile à définir.