Confiance et ville intelligente : entre controle et ouverture

phss.jpg

La Smart City doit être une ville durable, attractive, ouverte et participative.

Le numérique n’en constitue que l’outil nécessaire pour collecter les données, les diffuser aux différents acteurs et les traiter. Mais il permet également de réduire les coûts opérationnels, de minimiser la consommation énergétique et d’augmenter les services intelligents pour les citoyens.

La Smart City est censée être prédictive et anticipative, bientôt, grâce à l’usage de l’analytique et de l’intelligence cognitive, elle deviendra adaptative aux facteurs extérieurs (météo, tourisme, catastrophes naturelles) ainsi qu’aux besoins et préférences de ses habitants.

Cette évolution de la ville vers la Smart City a été permise par l’accelération technologique incluant l’explosion de la donnée, l’usage des smartphones, l’analytique et l’émergence de l’intelligence cognitive. Toutes ces technologies ( IOT, Mobile, Social networks, Big Data – Analytics – Cognitive – Cloud ) catalysent la transformation digitale de nos modes de vie et constituent un tournant déterminant et une rupture dans de nombreux secteurs comme l’hôtellerie (Airbnb vs Accor) ou  l’audiovisuel (Netflix vs bouquets télé).

Cette rupture, permise par l’avènement de la data, pose la question de la confiance et plus précisément autour de la donnée. En effet, le manque de confiance des habitants vis à vis des différents acteurs de la smart city (élus, énergéticiens, grands groupes industriels et IT..) constitue le premier obstacle à sa mise en place.

Des capteurs au service délivré, on a le droit se de poser des questions sur la sécurité ou sur la véracité des informations à chaque étape de la chaîne de valeur de la smart city, toujours plus élargie par la propagation des objets connectés. La multiplication des cyber-attaques et des hackers ne font que nourrir cette peur de la technologie. ( + 38 % en 2015 en France )

Dans ce contexte de défiance technologique, il s’agit de trouver des solutions pour redonner confiance aux utilisateurs et les encourager à alimenter en toute sérénité les bases de données nécessaires à la création de smart services.

Il apparait alors deux axes d’actions, qui peuvent toutefois sembler contradictoires:

  • 1/ Renforcer la sécurité en engageant une politique de management sécuritaire, augmenter le nombre de contrôles à chaque niveau de la chaîne de valeur afin de maximiser la précision et de limiter la vulnérabilité des systèmes d’informations.  
  • 2/ Ou alors prôner encore plus d’ouverture et pousser vers plus de transparence en favorisant la coopération des acteurs et des citoyens:
    • plus d’open data grâce à plus de transparence sur les algorithmes et les standards utilisés;
    • démystifier la donnée en vulgarisant sa compréhension, sa manipulation et son exploitation grâce aux infolabs;
    • accélérer le partage et la co-production entre paticuliers  pour augmenter l’interdépendance des acteurs et consomacteurs.

Les sondages révèlent que pour une majorité d’habitants, la première caractéristique d’une smart city est d’être une ville sûre et protégée.

Si l’usage de la donnée garantit cette sécurité aux habitants, ces derniers seront plus enclins à partager leurs données.

Il est aujourd’hui évident que l’usage des nouvelles technologies ne fera que s’exacerber au cours des années à venir, induisant une utilisation exponentielle de la donnée, des capteurs et des algorithmes nécessaires à la fois à augmenter l’utilité des citoyens, à garantir leur sécurité et à réduire toute forme de coûts opérationnels.

Face à cela, tous les acteurs de la ville doivent s’atteler à étudier et mettre en place  les méthodes et technologies nécessaires pour surmonter l’aversion des citoyens à l’ouverture de la donnée et leur donner confiance en leur garantissant protection, sécurité et utilité.