La ville de demain s’invente au quotidien – A Cap urba j’ai présenté les résultats de l’étude de la commission ‘Ville’ du SYNTEC numérique de 2016

Vendredi 9 décembre j’ai pu conclure les deux jours de conférences dans une table ronde autour d’Orange et de RTE.

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Elle s’articule autour de la question de l’existence de ‘bonnes pratiques’ et d’éléments de différence dans les villes qui se sont fait remarquer ces dernières années dans les différentes études sur les villes intelligentes : Lyon, Nice, Montpellier, Tel Aviv, Milton Keynes, Vienne, Mulhouse ou encore Toulouse et Nantes.

Bien sûr, il n’y pas pas de modèle ‘standard’, et souvent je lis dans des articles cette aberration ou simplification associée à IBM, Cisco ou d’autres entreprises qui marquent ce marché et qui auraient ‘un modèle tout préparé’ qu’ils répliquent….c’est bien sûr faux et réducteur.

Chaque ville est différente et son rythme d’évolution, de projets, de développements et ses habitants conduisent à une dynamique et des actions spécifiques.

Néanmoins des grandes lignes se dégagent dans ces villes qui ont su conduire depuis plusieurs années un développement associé à cette notion de ville intelligente mais que je pourrais aussi appeler ‘connectée – smart – adaptative – inclusive – innovante …’ et finalement respectant un développement durable.

A un moment ‘de l’histoire’ :

Tout d’abord on peut noter que cette suite d’actions sur plusieurs années repose sur une vision ou feuille de route basée sur une consultation, souvent à la fois d’un expert du domaine mais aussi et de la population.Vienne ou Toulouse par exemple ont fait travailler un cabinet de conseil, Nice avait pu utiliser les résultats du ‘Smarter City Challenge’ d’IBM qui avait proposé des grandes étapes d’actions et nous avions pu accompagner Montpellier avant le lancement des projets français EcoCité.Paris, Milton Keynes ou Toulouse ont associé les habitants, pour cette dernière à la fois par consultation sur le site de la ville mais aussi par la création d’un comité d’habitants qui ont donné leur avis.

Souvent, une fois cette feuille de route posée, il y a la création d’un poste d’un ‘Chief Digital Officier’ véritable chef d’orchestre de la donnée dans la ville au travers des projets de la ville.Paris, Mulhouse, Nice l’ont fait comme les grandes villes américaines avant elles ( NY, LA, Pittsburgh, Boston, Chicago … )

Enfin dans cette phase, la décision pour toutes les villes de disposer d’une plateforme d’Open Data ( nous avons déja eu l’occasion d’en parler ) est le passage obligé et nécessaire avec celui d’approcher les différentes thématiques avec des consortiums.Ces derniers regroupent très souvent des acteurs tradiotionnels de la ville, mais aussi des acteurs du numérique, des start-up et des laboratoires de recherche.C’est dans cette optique que nous avons annoncé ces 12 derniers mois deux partenariats stratégiques avec Veolia et ENGIE après avoir signé des projets de recherche et développement avec les territoires pour comprendre avec eux les modèles de progression.

Pour faire quoi ? :

Les objectifs de la ville intelligente sont maintenance communément acceptés par tous.Si au début seul le développement de l’économie et de l’emploi de ce nouvel eco-systeme d’acteurs et d’actions etait cité, il est évident que les deux objectifs majeurs les plus rappelés sont ceux d’améliorer les services à l’habitant et de protéger l’environnement.Neanmoins, il ne faut pas oublier, et ce sera le coeur du thème de reflexion du SYNTEC Numérique en 2017, la demande de faire des économies pour la collectivité est maintenant grandissant au regard de la maturité de l’approche.

Comment ? :

Nous avons déja vu ‘la vision’, ‘la feuille de route’, le ‘CDO’, ‘la plateforme Open Data’, il faut rajouter les plateformes de pilotage ou hyperviseur de la ville, globale sur toutes les activités ou encore partiel selon les métiers, on la retrouve à Nice, Lyon sur l’eau, Montpellier a démontré sur l’eau et le risque notamment…cette étape sera de plus en plus incluse dans les larges consultations sur l’Energie, la mobilité ou la Sécurité comme à Dijon actuellement.

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Ensuite, chaque ville a confirmé l’existence d’une équipe dédiée, spécifique, légère qui à la fois évangélise élus, spécialistes métiers et écosystèmes et coordone les actions en suivant la feuille de route.Un budget d’animation peut être affecté à cette équipe mais la reflexion de la ville intelligente doit parcourir et être intégré dans tous les projets et grands investissements de la ville pour en se posant la question de en quoi et comment le numérique, les nouvelles pratiques de collaboration, le questionnement des habitants va et peut remettre en cause le projet

Les dificultés et les écueils :

Tout d’abord trop d’informations tue l’information, et souvent ces projets ont été associés à de la ‘com’, il le fallait au début, maintenant il est temps de le faire pour accompagner de vraies réalisations

Le maintien et le suivi d’actions cohérentes visant l’objectif fixé n’est pas simple à tenir.

Le passage à l’échelle reste la question centrale pour beaucoup de villes qui avaient choisi de tester la ville intelligente par une suite de petits projets dans différentes domaines.

L’adhésion des citoyens à la démarche, même si beaucoup veulent donner leur avis et paritciper, il est difficimle d’atteindre une majorité qui s’interesse, Montpellier rappelle que 2700 personnes étaient volontaires pour tester l’application mobile, mais qu’ensuite beaucoup se sont ‘évaporées’

Enfin, tous demandent une définition d’indicateurs pertinents qui pourraient permettre de se comparer et de transcrire de façon certaine et sans possible discussion la valeur réelle apportée par les différents projets.En France la création d’un comité AFNOR sur ce sujet a été lancé par le gouvernement pour tenter de qualifier et de normer cette démarche.

En conclusion, comme on peut le lire dans ces lignes, la maturité de la démarche a permis maintenant de clarifier de quoi nous parlons et de dégager les lignes de force présentes dans chacune des villes phares de ce mouvement.

Mais au dessus de tout cela la volonté politique avec une groupe d’élus autour du Maire qui prend le temps de comprendre les enjeux de transformation apportés par le numérique, la disruption de beaucoup d’entreprises et de secteurs associés et les nouveaux comportements de ses habitants est LE différenciateur majeur.

Il faut pouvoir concilier des objectifs  contradictoires entre développement économique et développement durable nécessaire face à l’urbanisation massive que nous vivons ( en 1800 2% de la population était urbaine, nous serons à 80% en 2050 et en 50 ans nous sommes passés de quelques villes à 400 villes de plus d’un million d’habitants ) en évitant les positions dogmatiques et trop rapides.

C’est un défi de tous les jours pour les élus face aux demandes toujours plus grandes et diverses de leurs habitants.

 

Montpellier 3eme sur le podium des smart cities françaises

Après 3 années de partenriat entre la Metropole, IBM, l’IDATE, les universités et des start up locales pour comprendre et valider les enjeux de la ‘Smart City’, Montpellier accélére aujourd’hui son déploiement de données ouvertes, un open data élargi.

Selon un classement paru le 25 Novembre dernier sur le site Objetconnecté , Montpellier Méditerranée Métropole se place à la 3ème place des smart cities françaises.

Elle est en effet devenue « un point d’ancrage majeur » de la smart city dans la zone méditerranéenne. La ville se prêtant bien à l’expérimentation et au développement de solutions smart grandeur nature, elle abrite aujourd’hui nombre d’usages et de services au citoyen.

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IBM France a toujours été un partenaire historique de la ville dès son installation en 1965.

Dès 2010 IBM mise sur le potentiel de cette métropole qui ne cesse de se développer et de se numériser pour comprendre comment la ‘donnée’ peut amener de nouveaux services aux habitants.

IBM signe alors en fin 2012 le premier contrat de recherche et développement en France sur le domaine avec Montpellier.Celui-ci a entre autre permis de créer une synergie avec des partenaires locaux au travers d’un véritable hub : l’Intelligent Operations Center et d’ouvir la voie à la logique d’ouverture de données temps réel et prédictives au service du territoire.

Validation de l’optimisation des systèmes et mise à disposition des données pour améliorer la gestion des services publics dans les domaines de l’eau, de la mobilité, et des risques et permettre le croisement de données.

Grâce à l’impulsion née de ce partenariat, la ville dispose aujourd’hui d’un grand nombre de données qu’elle récolte depuis 5 ans et qu’elle ouvre au territoire et à ses acteurs publics et privés. Avec le support du Business Innovation Center (le plus ancien incubateur d’Eruope et l’un des plus reconnu de France) les entreptrises du secteur tirent de la valeur des données en répondant aux besoins en services des citoyens par la création de solutions mobiles.

Aujourd’hui, Montpellier se lance un nouveau défi : mener à bien le projet du quartier de La Mantilla. Ce projet  a pour but d’unir une communauté autour du thème de l’éco-responsabilité. Dans cette optique, la ville a continué à s’entourer de partenaires industriels experts de l’immobilier connecté.