Le numérique permet une ville co-produite au service des habitants : une ville servicielle

La ville représente un lieu de vie, de rencontres, de travail, de loisirs et de consommation.

Les services municipaux fonctionnent comme une entité capable de produire des services à destination des habitants pour répondre à leurs demandes, améliorer leur vie au quotidien et assurer la ‘gestion’ de la ville : voirie, réseau d’eau, réseau d’énergie, gestion des déchets, crèches, proposition de mobilité, salles de sport …. tout cela dans le respect d’un budget en équilibre (aucun emprunt n’est possible pour assurer le ‘fonctionnnement’ de la collectivité – règles de la comptabilité publique)

Cette offre sera d’autant plus éfficace et répondant à l’attente des habitants que la municipalité sera capable de placer l’habitant ou l’usager des services, au coeur de l’expérience urbaine.

Cette écoute et la possibilité de répondre à ce positionnement au centre des services est facilité par les possibilités offertes par le numérique et ouvre ainsi de nouveaux champs du possible.On parlera alors de ville ‘servicielle’

Regardons comment le sujet de la mobilité enrichie par les possibilités du numérique peut conduire vers cette ville servicielle. La construction de l’offre se fait bien évidemment en fonction des besoins. Ceux ci sont multiples au regard la diversité des habitants mais aussi des opérateurs et des modes possibles de déplacement. Le but de la ville servicielle est donc de dépasser cette hétérogéneité en favoraisant l’interopérabilité et d’optimiser l’expérience de l’usager en lui offrant une seule et même information et une fluidité de ces changement de modes de transport. Cela signifie que nous passons d’une logique d’offres à « une logique orientée vers les solutions. »

Cette rupture ne peut se faire que si la ville réussit à ‘casser’ les barrières historiques des différentes services ou prestataires pour devenir agrégateur de services avec un objectif d’économie et de meilleur service. 

Le numérique et les smartphones sont les catalyseurs de cette transformation.

servicess

Par ailleurs, l’habitant/usager devient également acteur/producteur.  Grâce aux nouvelles technologies et à l’économie des plateformes et à la désintermédiation que celles-ci entraînent, les usagers peuvent exploiter « leurs actifs sous-utilisés ».

Ainsi on a vu apparaitre une économie de partage à travers le covoiturage ( Blablacar par exemple comme alternative de mobilité ) le partage du domicile ou de pièces sous-utilisées ( comme alternative aux hotels ), ou tout simplement le partage d’objets au sein d’une copropriété par des applications comme ‘maresidence.com’

Ces services viennent s’aditionner aux services traditionnels offerts par la collectivité mais doivent aussi être intégrés par rapport à une demande de l’habitant au travers de systèmes numériques d’aggregation capable d’intégrer ces données.

Il en sera bientot de même pour l’énergie avec la mise en place d’un système où chacun pourra vendre à son voisin l’énergie produite par sa maison, et ce, sans passer par le fournisseur d’énergie ( la technologie du Blockchain va nous y aider – article publié sur ce sujet auparavant )

Les secteurs du bâtiment et de l’aménagement sont également touchés avec des projets de partages de pièces au sein d’immeubles ou de quartiers à disposition des habitants gratuitement ou financés par partie lors de l’achat du bien initial.

Dans une optique d’économies de ressources financières et environnementales et de budget de collectivités qui seront de plus en plus limités par la réduction de l’apport financier de l’Etat, la mutualisation devient essentielle et primordiale et apporte de nouveaux services aux habitants d’une ville sans que cela impacte les finances de la collectivité publique.

Le numérique rend possible ces nouvelles offres et permet la ville ‘servicielle’…auto-productrice de services.

L’agrégation des données produites par les habitants, en temps réel et de façon prédictive permet de mieux appréhender ces services et leurs disponibilité et de pouvoir par des applications développées par des tiers de les mettre à la disposition de tous.

La ville servicielle sera une ville co-produite.

 

La Smart City s’inscrit dans la gestion au quotidien de la ville

De nombreux rapports et études récentes recherchent la nature réelle de la Ville Intelligente.

Par contre nous voyons que la notion de ‘Ville intelligente’ et les personnes qui en sont responsables s’inscrivent de plus en plus dans la gestion au quotidien de la ville

 

protection-des-donnees

La ville intelligente est elle ‘servicielle’ ? comme le recommande un groupe de travail présidé par le Ministère du Developpement,  nous y reviendrons.

Apporte t’elle de véritables gains financiers ? est une question étudiée par plusieurs acteurs et bien sûr pourquoi une ‘ville intelligente’ ? quels en sont les objectifs ? des gains financiers pour les acteurs, au mieux vivre pour les habitants, aux externalités positives pour le développement économique ou à la contribution à la Transition énergétique par un meilleur usage des ressources et une action positive sur la pollution…

mais bien sûr aussi une ville intelligente pour son apport d’inclusivité de la population et permettant la participation citoyenne des habitants à la gestion et à l’action.

Avec IBM nous avons démontré que les projets apportaient des gains à la collectivité ( le projet de gestion de l’eau à la ville de Lyon avec Veolia ), un mieux être à la population comme les plateformes de mobilité et leurs applications mobile de déplacement multi-modal ( Lyon ou Montpellier ) ou une externalité positive comme la prédiction à 72 heures de la pollution sur Pekin sur des zones précises, pour envisager des actions de prévention à prendre.

Un article récent du JDN liste les villes qui ont explicitement publié les noms de leurs responsables ‘ville intelligente’, qu’il sagissent d’un chargé de mission, d’un administratif ou d’un élu qui en a la charge démontrant leur volonté d’inscrire cette démarche parfois exceptionnelle dans le quotidien de la gestion de la ville

Il est interessant de noter que parmi les 22 villes, agglomérations, Metropoles ou Communautés d’agglomération qui annoncent avoir des projets de ‘ville intelligente’, 19 d’entres elles ont nommé une personne.

Au delà de celles les plus connues dans le domaine comme Issy les Moulineaux, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Lille, Nantes, Mulhouse, Nice , Rennes, Toulouse ou Paris, d’autres aparaissent comme Saint Etienne, Strasbourg, Plaine Commune ou Angers par exemple.

Enfin cet article classe les 5 thématiques qui sont les plus pratiquées comme preuve de projets supportant la trajectoire du territoire vers la ‘Smart City’ :

1/ L’Open Data pour 16 villes sur 22

2/ Les Smart grids, 12 pour 22

3/ Le Wifi public pour 11 sur 22

4/ La plateforme participative pour 9 sur 22

5/ l’e-administration pour 4 sur 33

Ces notions rassurent sur le fait que la Ville intelligente ait une ambition collective portée par l’équipe municipale ou la communauté, et qu’elle se décline par une suite de projets transformant la nature de la relation avec les habitants, ou les acteurs économiques de la ville en utilisant au mieux ce que la technologie peut apporter et ceci dans sa prise en compte au quotidien.

Il reste à nous assurer en tant que citoyen, que ces ivestissements apportent du mieux être ou des économies et