Une ville au service de ses habitants : Rapport Smart City au gouvernement

Le rapport du Depute Luc Bellot peut apparaitre comme une rapport pour la postérité puisque remis au gouvernement quelques semaines avant son départ, une sorte de testament à l’usage de la prochaine équipe gouvernementale.

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Nous aurons vu sur ces 5 dernières années, divers rapports sur le sujet, mais aussi la construction de ‘Vivapolis‘ pour rapprocher les entreprises françaises sur la thématique lorsqu’elles sont en export et la construction de ‘l’Institut de la Ville Durable‘ qui a ‘croisé’ la thématique sans la traiter complètement.

Finalement, c’est dans les villes que les choses ont avancé, que l’idée s’est transformée en projets et plus récemment en vision et trajectoire pour le futur, le député l’a bien compris.
En effet, au delà des interviews d’entreprises et d’experts, et nous y avons participé au nom d’IBM, il s’est rendu sur le terrain en France et à l’étranger pour écouter les élus, voir les réalisation et identifier les spécificités françaises et surtout mesurer l’écart entre communication et réalité.

Son rapport est fouillé et développe 24 mesures pratiques et exécutables.
Il rappelle que le fondement, Smart ou pas, est que la ville soit au service de ses habitants.

Enfin, il considère que la ‘ville intelligente’ repose sur 3 principes

1/ Organiser une réelle gouvernance associant à minima élus, administration et au mieux les acteurs économiques et de l’enseignement et de la Recherche.
Ce point est maintenant reconnu et établi – nous l’avions déja mentionné dans le rapport fait par la commission ‘ville’ du SYNTEC numérique de 2016, il est nécessaitre d’établir une gouvernance transverse, seule garante d’aborder les sujets avec une vue au delà des silos liés à l’organisation, et permettant de trouver des synergies d’usages de la donnée notamment.
A ce point de développement du concept, j’ajouterai volontiers l’association des habitants, soit par sondage sur des questions spécifiques, soit par réunions annuelles ou ponctuelles ( comme l’ont fait notamment : Toulouse sur l’adhésion à la feuille de route, Montpellier avec IBM sur l’évaluation de l’application multimodale ou Paris au travers d’une demi-journée au NUMA pour confirmer le concept ), soit par participation directe à des ‘Infolab’.
Dès 2012, nous avions développé un ‘Living Lab’ avec une gouvernance transverse à Montpellier au travers d’une des premières ouverture de données opérationnelles sur le Transport, l’eau et le risque associée avec les entreprises concernées sur les thématiques abordées, l’agglomération de Montpellier, l’Université de Montpellier et l’IDATE.

2/ Assurer la souveraineté, éviter la privatisation de la ville.Tous les niveaux de décision doivent s’approprier les enjeux de souveraineté pour s’assurer que les territoires gardent la maitrise des données, des outils, des applications ‘Smartphone’ et des logiciels métiers.
C’est une question cruciale au moment où les finances publiques peuvent pousser à des partenariats de type PPP ou DSP de longue durée.Il est fondamental de traiter au moment de la négociation de la transparence des données collectées au niveau des opérateurs, et sans préjuger d’un usage immédiat, d’aller jusqu’à la mise à disposition de la donnée brute pour pouvoir la confier si nécessaire à d’autres ‘producteurs de services’ si ils apparaissent au cours du temps.
Au delà, par exemple, des applications comme ‘waze’ ( issues du ‘crowdsourcing ) sont de nature à interférer avec la politique publique de la ville, dans ce cas en matière de Mobilité et doivent de ce fait être ‘maitrisées ou régulées’ par l’autorité publique pour en tirer parti ( ce sont les exemples de Montreal, ou plus récemment Versailles qui ont négocié avec Waze l’intégration de leurs données contre l’échange d’informations à caractère public )

3/ Garantir une ville inclusive.Donner une place à chaque citoyen, sans fracture numérique, territoriale ou sociale….passer d’une logique centrée ‘usage’ à une logique centrée ‘citoyen’…..il s’agit de construire une ville collaborative, contributive, disruptive, inclusive et creative…
Cette thématique apparait moins nettement dans les projets Smart city, même si elle une question de fond dans la ville ‘connectée : accès identique à tous, au haut débit, moyens publics mis à disposition à ceux qui ne peuvent accèder par eux même, travaux de sensibilisation et de formation…
Au delà, et à l’opposé de l’idée de ‘refermer sur soi-même’, la donnée et les usages au service de l’habitant doivent lui permettre de mieux s’ouvrir aux autres et de mieux comprendre sa ville et de collaborer ainsi plus facilement avec les autres habitants, sur une base volontaire, pour, par exemple, plus de partage ou de connaissance.

Au delà de ces principes et sans les remettre en cause j’aurais rajouté deux principes supplémentaires :

1/ Considérer le numérique comme une transformation profonde des activités de la collectivité et en tant que tel rehercher systématiquement au travers des possibilités offertes par le numérique et les données l’amélioration des services aux citoyens en réalisant des économies de fonctionnement.
Dans le document sont cités les exemples d’anticipation fine de la gestion des eaux de pluie ayant permis des économies de nouvelles infrastructrues comme sur la Region parisienne, ou les fuites d’eau à Miami Dade
Nous pourrions multiplier les exemples comme la gestion optimisée de l’éclairage public, la meilleure gestion des amendes dans les parkings, la réduction par contrat de la dépense énergétique, l’impact de la réduction des fuites d’eau et d’une meilleure gestio prédictive d ela maintenance…..

2/ J’aurais aussi tranformer la mesure 9 en ‘principe’ : positionner la compétence de la Donnée et de l’informatique au niveau des EPCI pour mutualiser les moyens et partager les données au niveau des EPCI.Ceci pour permettre ainsi de disposer de compétences en nombre et qualité suffisante pour discuter avec les fournisseurs et développer une régie ou une ‘DSP’ de ‘service de la donnée’ comme elles existent pour la gestion de l’eau ou des déchets.
Il y a dans les villes une rareté de compétences, pour des questions de moyens, de grille tarifaire et de fragmentation des ressources.

Enfin, il m’apparait clairement que le positionnement de la thématique ‘Smart CIty’ au sein de la DGA economie ( comme l’un des 4 schémas d’organisation rencontré et proposé dans le document ), ne permette pas suffisamment de traiter la question dans toutes ses dimensions, et apporte en plus un renforcement de concurrence entre les territoires français qui reste ‘stérile’ comme le dit le rapport, tant sur l’apport ‘net’ en emplois, mais aussi dans la concurrence mondiale.

En conclusion, le Député rappelle que pour 78% de la population l’outil numérique est considéré comme ‘important’
Il faut s’appuyer sur ce fait pour que les élus ‘accélèrent’ la prise en compte des possibilités de la transformation numérique dans la logique de la gestion du changement ‘permanent’ de leur collecitivité et non pas comme un nième nouveau sujet à traiter parmi les 60 ou 70 sujets qu’il opèrent déja en mode silo… de la gestion du cimetière à l’inscription des enfants aux activités péri-scolaires…..