Cout et manque de compétences freinent les projets Smart City pour les villes de moins de 50 000 habitants

M2O city en collaboration avec la Gazette des Communes vient de conduire une étude sur la dynamique des Smart City en France.

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Je souhaite partager dans ce billet quelques repères interessants venant de cette étude.

La moitié des villes interrogées ont une ‘stratégie Smart City’ ( elle est d’ailleurs portée dans 80% des cas par les élus ) et près de 30% des villes de plus de 50 000 habitants ont déja lancé au moins un projet.

Par contre, la moitié des villes de moins de 10 000 habitants n’ont encore aucun projet effectif.

Au delà, le manque de compétences internes ( pour 48 % ) et le cout de tels projets ( pour 47 % ) sont cités comme des freins au développement de projets Smart City pour les villes de moins de 50 000 habitants.

Pour les petites villes, le rapport insiste sur le manque de stratégie globale, et sur l’exécution de projets au travers des métiers mais pas dans le cadre d’une vision établie.

On rejoint ici les recommandations que nous avons pu faire via le SYNTEC numérique il y a quelques semaines au travers du ‘cahier adressé au nouveau Président de la Republique’ sur la faiblesse des compétences dans les villes, d’autant plus aggravées que les villes sont petites et la nécessité de mutualiser à l’échelon superieur la compétence numérique pour des effets de mutualisation des ressources et moyens.

Malgré tout, nous ne pouvons que noter au travers de nos contacts quotidiens l’amplification du sujet ‘Internet des objets‘ qui est présent dans de nombreux contextes de la ville et qui ouvre ainsi un nouvel angle d’approche et de projets pour tous les territoires.

Neanmoins, regardons,selon les résultats de l’étude, la nature des projets lancés.En premier apparait l’amélioration des services publics pour 74 % – on retrouve ici la thématique plus générique de la ‘numérisation’ des services, ensuite l’éclairage public pour 62% – la recherche de réduction des couts est ici l’objectif qand on sait que pour certaines villes la dépenses de l’éclairage public peut représenter jusqu’à 50% de la dépense énergétique.Vient ensuite la mobilité pour 61% – l’un des 3 sujets majeurs de la Smart City avec la Sécurité et l’Energie, puis le pilotage des batiments pour 54 %, qui rejoint la recherche d’économies et enfin le parking et le stationnement aussi pour 54 % – notamment porté par la nouvelle réglementation de 2018, avec une recherche de meilleure efficacité, de financement de travaux de modernisation et de possibles gains pour la collectivité.

Ensuite, sur la façon de procéder, on retrouve des résultats proches de l’étude conduite avec le SYNTEC numérique en 2016 : 50% des villes engagées ont un chef de projet qui pilote et à 80% les projets ne sont pas cloisonnées

Enfin, si on se focalise maintenant sur le ‘pourquoi ?’ de ces projets et les objectifs qui les justifient , il est interessant de noter que le ‘développement économique’ est positionné en dernière position ( alors qu’il a été longtemps la première raison de s’engager vers la ville intelligente )  alors que l’attractivité du territoire est lui en 2eme position.

Quand à l’apport de nouveaux services souvent cité comme une des premières raison de lancer des projets Smart City, il passe, dans cette étude en 3eme position au profit de ‘l’amélioration de la relation avec les administrés’ confirmant ainsi la tendance actuelle du besoin de participation citoyenne image d’un tendance de fond de ces derniers mois.

On trouve ainsi en 1/ le renforcement des liens avec les administrés pour 60%, en 2/ une meilleure attractivité du territoire, en 3/ la création de nouveaux services en  4/ la réduction des couts en 5/ l’amelioration des processus et enfin en 6/ le developpement économique

Marché de 400 Milliards selon certains cabinets d’études, l’internet des objets comme nouveau point d’entrée, la Smart City est un thème fort des Metropoles et des grandes villes, commence à pénètrer les villes moyennes bien qu’encore balbutiant dans une partie de celles ci et surtout est très absent des petites villes.

Cahier de campagne du SYNTEC numerique : ‘Saisir l’opportunité du numerique est une urgence pour nos territoires’ ( Godefroy de Bentzmann )

le SYNTEC numérique est l’association professionnelle des acteurs du numérique qui regroupe plus de 2000 adhérents, petites et grandes entreprises travaillant au quotidien sur le sujet.

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Je co-anime par mes responsabilités chez IBM avec Gilles Prunier d’Orange, administrateur du SYNTEC, le groupe de travail des ‘Villes’

En ces journées d’élections du nouveau Président de la République, nous avons édité sous la conduite de Godefroy de Bentzmann Président du SYNTEC et par le travail de tous les membres de la commission un cahier spécial de 10 propositions pour accélérer la transformation numérique des collectivités au travers d’une impulsion de l’état.

Outil de fondement de toutes les actions d’aménagement, d’inclusion notamment : ‘le numérique peut permettre à la France d’être à la pointe d’un nouveau modèle de qualité de vie….qui soit à la fois intelligent, durable ou ‘smart »
Il faut pour cela une ‘impulsion de l’état’ articulée par une autorité capable de regrouper les compétences, les financements et proposer une vision d’ensemble pour ce sujet, qu’ils s’agisse de câblage haut débit, de nouveaux usages, d’Open Data ou de modernisation des systèmes d’informations des territoires, voire pour certains cas des propositions de regroupement de moyens.

Durant ces cinq années ce sujet a été traité par ‘morceaux’ par les différents ministères avec leur angle de travail : financier, international, budgétaire, haut débit, sous l’angle des nouveaux quartiers ou du durable …. par Bercy, Ministère des affaires étrangères, secrétariat d’Etat aux collectivités, secrétariat d’Etat au numérique, Ministère de la ville, MEDE, aucun n’ayant eu l’autorité d’engager pour l’Etat une politique transverse, visionnaire et globale sur le sujet.

Tantôt durable, tantôt intelligente, tantôt regroupement pour accéder aux marchés internationaux, les actions pour ‘LE NUMÉRIQUE ET LA VILLE’ méritent une autorité unique, au bon niveau pour proposer la vision engager des actions qui permettent d’accélérer la transformation numérique des territoires.

Les 10 propositions, dont vous trouverez le texte détaillé dans le document sur le site du SYNTEC numérique sont de nature à être proposées à une telle autorité.

Proposition 1 : Diffuser le numérique dans les parcours de formation des fonctionnaires territoriaux et élus
Proposition 2 : Renforcer la reconnaissance des métiers scientifiques et numériques dans la fonction publique territoriale
Proposition 3 : Créer un poste de Directeur de la Transformation Digitale ( CDO ) dans les collectivités
Proposition 4 : Elaborer des lignes directrices pour le développement des politiques de valorisation de la donnée
Proposition 5 : Accélérer et généraliser la numérisation des services aux usagers dans les collectivités
Proposition 6 : Favoriser le développement des civic tech pour renforcer l’implication des citoyens dans la vie publique
Proposition 7 : Intégrer le numérique aux dépenses d’investissement pour davantage d’efficience
Proposition 8 : Favoriser l’investissement dans les projets de transformation numérique notamment grâce au financement de l’état
Proposition 9 : Systématiser la prise en compte du numérique dans les programmes d’aménagement
Proposition 10 : Créer un label qui permette de valoriser la transformation numérique des collectivités

Retrouver le cahier complet et le détail de ces 10 propositions à l’adresse suivante :

https://syntec-numerique.fr/smart-cities/cahier-villes-territoires