Ou est la RetD des villes ? De Vivatech au bassin local les start up apportent la réponse.

Toutes les entreprises font de la recherche et du développement, de la PME aux grands groupes, avec des montants de dépenses variables mais qui ramenées à son PIB s’évalue en France habituellement autour de 2%.

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De très grands entreprises investissement chaque année des parts plus que significatives de leur chiffre d’affaire pour se régénérer, survivre face à une concurrence féroce, innover, voire créer la future vague technologique.

Ainsi IBM est toujours présent après de multiples transformations, 106 ans après sa création en maintenant chaque année une dépense de RetD de l’ordre de 6 milliards lui permettant d’être en tête du nombre de brevets déposés dans le monde par une entreprise privée depuis 25 ans.

Apple aujourd’hui sur-enchérie avec une dépense de près de 8 Milliards de dollars par an.

Les collectivités n’ont ni structure de recherche ou de développement, ni de budget affecté à de telles dépenses.
Et pourtant, face à une transformation de la société sans précédent tirée par le numérique, à des changement d’usages , à une ‘disruption’ de la relaiton entre la mairie et l’habitant et de nouveaux besoins de participation exprimés, les collectivités n’ont jamais eu autant besoin d’innover, de créer ou de se réinventer.

Vivatech a confirmé le foisonnement et la richesse des start up que la France a su faire éclore et développer ces dernières années, plus de 4000 étaient présentes au salon avec un certain nombre d’entrées elles liées aux thématiques de la Smart City.

Se sont rués Porte de Versailles les porteurs de la nouvelle économie, autour des entreprises qui ont mis les start up au coeur de leur politique d’innovation. SNCF comme un des grands précurseurs de cette démarche autour de la mobilité, Accor bousculé par l’économie des plateformes, ENGIE pour accélérer les outils de la transformation énergétique , mais aussi EDF, LVMH, Air France, Carrefour, Valeo … et les spécialistes tes technologies qui leur amènent des outils comme IBM, Cisco ou Cap Gemini et des GAFA riches de leurs données comme Google ou Facebook.

Elles sont porteurs de l’innovatio, capables de résoudre des problèmes que les entreprises traditionnelles n’ont su réousdre en interne, elles représentent  ainsi une partie grandissante de la RetD des grands groupes.
Porteuses d’attractivité pour les employés, d’ouverture au monde et de diversité, moyen de remettre en cause des systèmes de RetD ou d’innovation internes parfois endormis ou ‘englués’ par des process internes, les start up permettent un rafraîchissement et une agilité qui peut faire défaut à certains grand groupes.
Le croisement grand groupe , start up n’est pas une spécificité française, mais nous serions les plus avancés dans ce domaine selon un dertains nombre d’études.

Cette accélération liée aux technologies, au développement de l’esprit entrepreneur chez nos jeunes étudiants a explosé avec le mouvement de la Frenchtech, annoncé par F Pellerin et L Gallois, amplifié par E Macron et A Lemerre, rassemblant les eco-systèmes numériques dans les Regions et à Paris, mais aussi aujourd’hui reliant les français parti créer à l’étranger, et annoncé au salon Vivatech avant hier avec le Pass Frenchtech permettant à des étrangers de rejoindre en France mouvement de création.

Durant la même période, la ville intelligente, demandeur du couplage des services de la ville et des nouvelles technologies a fédéré à son niveau des eco-systèmes de start up, porteuses de numérique ( via la Frenchtech ) mais aussi de technologies durables qui raisonnent avec l’évolution des territoires.

Paris, avec ses incubateurs uniques sur la planète, Lille avec le modèle ‘originel de la Frenchtech’ et Euratechnologies, Lyon avec sa fédération d’idées autour du TUBA, Montpellier avec le plus vieil incubateur d’Europe le BIC, Nantes et Rennes précurseurs de l’Open Data, Toulouse et les réseaux autour de Sigfox, Angers et le mouvement Internet des Objects

Les villes ont favorisé cette co-creation locale autour d’éco-systèmes grandes entreprises et start up pour créer la ville de demain, développer de nouveaux services facilitant le quotidien, autant de ‘vivatech’ locaux, autour de la ville qui animé, fédére et crée les conditions de développement en aidant et souvent en apportant ces données pour amorcer l’idée, le projet , le nouveau services.

Les start up organisées autour du thèmes de la ville intelligente ou du batiment ‘totem’ de la Frenchtech représentent la RetD des villes, leur coeur d’innovation et le moyen de ne pas être en rupture d’usage et de demandes avec sa population.Certains grands groupes, avec un apport d’innovation contribuent aussi à apporter cette innovation au travers d’AMI, de projet de RetD ou de partneriats d’inovation.Précurseur de telle démarche nous avons ouvert la voie avec les villes et acteurs locaux à Lyon, Nice, Montpellier, Lille ou avec Efficacity
Nous le poursuivons aujourd’hui avec la ‘Scalezone’ dans les locaux d’IBM en aidant des start up à grandir, à s’industrialiser et à leur apporter des contacts avec els grands groupes.

Avec les Start Up, au travers de la ville intelligente et de structures ou de projets que les villes ont su créer, fédérer, catalyser, elles ont ainsi trouvé le sang neuf de l’innovation qui leur faisaient défaut et combler un manque.

 

Avant le NewCitiesSummit à Songdo du 7 juin 2017, y a t il une specificité smart city et Asie.

Avant de lancer le projet de Songdo, nouveau quartier de 610 ha de la ville d’Incheon, l’Asie s’intéréssé depuis longtemps au mariage de la ville et de la technologie.

Singapour a adresse dès les années 80’s le concept de ‘ville intelligente’ au sens de ‘l’optimisation de la ville et du mieux être de ses habitants’ avec des initiatives autour de la technologie pour améliorer l’urbain sans même que le concept n’existe, ne soit défini ou ne soit appréhendé.La ville a ensuite gardé cette avance dans le concert mondial en pousuivant de nombreux projets.

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Ensuite d’autres initiatives, notamment en Corée du Sud, avec les ‘U-Cities’ autour d’un concept que nous appelerions aujourd’hui ‘la ville ultra connectée‘ et qui avait pour objectif celui de l’informatique ubiquitaire. Assurer une relation complète et permanenet entre le citoyen et l’administration avec une approche ‘muti-canal’.Malhaureusement au début des années 2000 la technologie et son coût ne permettait pas d’atteindre ce que nous pourrions faire aujourd’hui avec le même objectif.

L’Industrie des Telecoms et les technologies qui en découlent ont toujours été très en avance en Corée du Sud grace à une très grande adhésion de la population : la connectivité, les Smart Phone ont permis des idées précurseurs identifiées en Corée et étendues à d’autres pays comme par exemple la technologie ‘Edge’ mise en oeuvre par Bouygues Telecom après le ‘GSM’ et dans l’attente de la ‘4G’.

On retrouve dans le projet de Songdo lancé dès 2003 et conduit par un consortium privé les deux dimensions avec en premier la technologie au travers de la notion ‘d’ubiquité’ ou de connectivité maximale : caméras, batiments connectés, sécurité, lecteurs de plaques …et la notion de ville écologique avec 40% d’espaces verts, la mobilité douce et le symbole constitué par ‘Central park’ présenté comme le poumon vert au centre de la ville.

Très récemment, l’atelier de BNP Paribas s’est penché sur la question spécifique des smart cities asiatiques en regardant leur spécificité.

Cette étude a confirmé une première évidence, c’est qu’au travers de concepts communs, une smart city doit avant tout s’adapter au contexte, aux spécificités, voire à la culture locale, voulant dire que les meilleurs ‘benchmarks’ ne peuvent pas s’appliquer partout.Prenons seulement comme exemple celui de la mobilité douce, à pied ou à vélo, symboles de mobilité des smart city d’Europe.Cette idée ne s’appliquera qu’avec difficulté dans un pays du Golfe ou la temperature depasse les 40° plus de 6 mois de l’année.

Pour les pays postindustriels comme le Japon et la  Corée, la prise en compte de la pollution et des risques sismiques sont deux des éléments les plus importants pris en compte, mais il y a aussi celui de l’isolement de l’individu avec un vieillissement important des individus, aussi, les solutions d’appartements connectés à destination des seniors ont aujourd’hui un fort développement dans ces regions.

La Chine connaitra bientot le même problème dans une société où déja 80 millions d’enfants sont élevés par leurs grands parents.Même si pour le moment les sujets d’importance sont ici liés à la congestion du trafic et à la pollution.Sur ce sujet IBM a signé avec la ville de Pekin le projet GREENHORIZON pour aider les autorités à disposer des informations 72h en avance sur les pics de pollution sur des zones geographiques extrèmement réduites mais surtout en apportant la connaissance de façon prédictive des facteurs majeurs contributifs à cette future pollution permettant ainsi une prise de décision d’anticipation pour que le pic n’arrive pas.

Dans ce contexte l’atelier BNP rappelle que la Chine doit parier massivement sur la ‘green écoomie’ pour lutter contre cette pollution citadine par tous les moyens, et les autorités en ont pris pleinement conscience.

Songdo, a été décrié par ses détracteurs comme une ville inhumaine, sans ame où seul la technologie avait été pensée et où les gens ne voulaient pas venir vivre, seul le futur nous dira si ceci est vrai ou faux et probablement durant ce colloque des premières conclusions amèneront des éléments de réponse.

Pour conclure, et au dela de ces quelques éléments sur Smart City et Asie et la spécificité de Songdo qui depuis le début du concept de Smart City est montré comme l’exemple à ne pas suivre, nous sommes néanmoins convaincus qu’avec l’internet des objets, le Big Data, le Cognitif et les outils de mobilité la technologie poursuivra de se répandre dans les villes pour atteindre l’ubiquité recherchée au début du siècle, la meilleure gestion et l’optimisation des services à moindre cout.Il n’en reste pas moins vrai, et de façon tout à fait cruciale que la smart city devra avant tout se développer autour de l’homme et de sa place dans la ville.Il faudra savoir répondre à sa demande grandissante de collaboration, de transparence, de co-creation et pouvoir écouter ses envies et ses changements d’habitude et de pratiques qui seuls assureront son mieux être et son envie d’habiter dans tel ou tel endroit du monde.

Pas de Smart City sans Smart Citizen heureux ! en Asie, à Songdo ou ailleurs ….