Avant le NewCitiesSummit à Songdo du 7 juin 2017, y a t il une specificité smart city et Asie.

Avant de lancer le projet de Songdo, nouveau quartier de 610 ha de la ville d’Incheon, l’Asie s’intéréssé depuis longtemps au mariage de la ville et de la technologie.

Singapour a adresse dès les années 80’s le concept de ‘ville intelligente’ au sens de ‘l’optimisation de la ville et du mieux être de ses habitants’ avec des initiatives autour de la technologie pour améliorer l’urbain sans même que le concept n’existe, ne soit défini ou ne soit appréhendé.La ville a ensuite gardé cette avance dans le concert mondial en pousuivant de nombreux projets.

17 juin 5 SONGDO join_us_in_songdo3

Ensuite d’autres initiatives, notamment en Corée du Sud, avec les ‘U-Cities’ autour d’un concept que nous appelerions aujourd’hui ‘la ville ultra connectée‘ et qui avait pour objectif celui de l’informatique ubiquitaire. Assurer une relation complète et permanenet entre le citoyen et l’administration avec une approche ‘muti-canal’.Malhaureusement au début des années 2000 la technologie et son coût ne permettait pas d’atteindre ce que nous pourrions faire aujourd’hui avec le même objectif.

L’Industrie des Telecoms et les technologies qui en découlent ont toujours été très en avance en Corée du Sud grace à une très grande adhésion de la population : la connectivité, les Smart Phone ont permis des idées précurseurs identifiées en Corée et étendues à d’autres pays comme par exemple la technologie ‘Edge’ mise en oeuvre par Bouygues Telecom après le ‘GSM’ et dans l’attente de la ‘4G’.

On retrouve dans le projet de Songdo lancé dès 2003 et conduit par un consortium privé les deux dimensions avec en premier la technologie au travers de la notion ‘d’ubiquité’ ou de connectivité maximale : caméras, batiments connectés, sécurité, lecteurs de plaques …et la notion de ville écologique avec 40% d’espaces verts, la mobilité douce et le symbole constitué par ‘Central park’ présenté comme le poumon vert au centre de la ville.

Très récemment, l’atelier de BNP Paribas s’est penché sur la question spécifique des smart cities asiatiques en regardant leur spécificité.

Cette étude a confirmé une première évidence, c’est qu’au travers de concepts communs, une smart city doit avant tout s’adapter au contexte, aux spécificités, voire à la culture locale, voulant dire que les meilleurs ‘benchmarks’ ne peuvent pas s’appliquer partout.Prenons seulement comme exemple celui de la mobilité douce, à pied ou à vélo, symboles de mobilité des smart city d’Europe.Cette idée ne s’appliquera qu’avec difficulté dans un pays du Golfe ou la temperature depasse les 40° plus de 6 mois de l’année.

Pour les pays postindustriels comme le Japon et la  Corée, la prise en compte de la pollution et des risques sismiques sont deux des éléments les plus importants pris en compte, mais il y a aussi celui de l’isolement de l’individu avec un vieillissement important des individus, aussi, les solutions d’appartements connectés à destination des seniors ont aujourd’hui un fort développement dans ces regions.

La Chine connaitra bientot le même problème dans une société où déja 80 millions d’enfants sont élevés par leurs grands parents.Même si pour le moment les sujets d’importance sont ici liés à la congestion du trafic et à la pollution.Sur ce sujet IBM a signé avec la ville de Pekin le projet GREENHORIZON pour aider les autorités à disposer des informations 72h en avance sur les pics de pollution sur des zones geographiques extrèmement réduites mais surtout en apportant la connaissance de façon prédictive des facteurs majeurs contributifs à cette future pollution permettant ainsi une prise de décision d’anticipation pour que le pic n’arrive pas.

Dans ce contexte l’atelier BNP rappelle que la Chine doit parier massivement sur la ‘green écoomie’ pour lutter contre cette pollution citadine par tous les moyens, et les autorités en ont pris pleinement conscience.

Songdo, a été décrié par ses détracteurs comme une ville inhumaine, sans ame où seul la technologie avait été pensée et où les gens ne voulaient pas venir vivre, seul le futur nous dira si ceci est vrai ou faux et probablement durant ce colloque des premières conclusions amèneront des éléments de réponse.

Pour conclure, et au dela de ces quelques éléments sur Smart City et Asie et la spécificité de Songdo qui depuis le début du concept de Smart City est montré comme l’exemple à ne pas suivre, nous sommes néanmoins convaincus qu’avec l’internet des objets, le Big Data, le Cognitif et les outils de mobilité la technologie poursuivra de se répandre dans les villes pour atteindre l’ubiquité recherchée au début du siècle, la meilleure gestion et l’optimisation des services à moindre cout.Il n’en reste pas moins vrai, et de façon tout à fait cruciale que la smart city devra avant tout se développer autour de l’homme et de sa place dans la ville.Il faudra savoir répondre à sa demande grandissante de collaboration, de transparence, de co-creation et pouvoir écouter ses envies et ses changements d’habitude et de pratiques qui seuls assureront son mieux être et son envie d’habiter dans tel ou tel endroit du monde.

Pas de Smart City sans Smart Citizen heureux ! en Asie, à Songdo ou ailleurs ….