Smart City : vers la gouvernance de la donnée

Smart City ou ville connectée, la donnée a vaincu les plus sceptiques par l’intérêt et l’apport de son utilisation dans la ville pour le bienfait du plus grand nombre.

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La question qui reste à traiter et qui demeure encore un sujet de travail dans beaucoup de villes est celui de sa gouvernance. Quels jeux de rôles entre opérateurs privés et opérateurs publics, entre les habitants et la collectivité, entre les créateurs de nouveaux usages et leurs utilisateurs.

Un rapport publié fin avril par la FING et l’IDDRI centre de recherche de Sciences Po Paris développe cette question en rappelant que ce point est essentiel sur la réussite de ces projets et au cœur aujourd’hui des trajectoires d’une Smart City réussie.

En 2018 la législation en imposant de nouveaux jalons à respecter pour les collectivités devrait contribuer à accélérer la mise en place de cette gouvernance et inciter les élus à ouvrir réellement ce débat et à se pencher sur ces questions.

La RGPD qui est la mise en œuvre d’un règlement applicable à tous les citoyens européens et qui a pour ambition de ‘redonner aux citoyens le contrôle de leurs données personnelles, tout en simplifiant l’environnement règlementaire des entreprises’ est la première étape de ce chemin sur la maitrise de la donnée. Sa mise en œuvre oblige dès le 25 mai 2018, chaque collectivité à nommer un ‘DPO’ ‘Data Privacy Officer’ pour veiller sur l’application de la loi et notamment que chaque donnée privée traitée aura bien fait l’objet d’un accord préalable de celui qui l’a produite.

Plus tard dans l’année, nous y reviendrons, en octobre 2018 de nouvelles directives et obligations seront à appliquer sur l’ouverture des données (Open Data).

Ces deux points de passage annuels poussent aujourd’hui les collectivités, grandes et petites à se poser la question de la donnée, de sa provenance, de son stockage, de son traitement, de l’interaction entre la collectivité et ses opérateurs, de sa cohérence et finalement à regarder de plus près sa ‘gouvernance’ mais aussi sa finalité.

Nous avons dépassé les positions tranchées qui posaient les questions du bienfondé de la ville intelligente ou connectée pour conclure sur un ‘oui ou un non’. La ville intelligente existe, sur tous les continents au travers de villes nouvelles ou plus souvent de parties ou quartiers de villes. De très nombreuses données sont collectées et servent soit à optimiser les services (mobilité en premier, énergie, déchets …) soit à interagir avec l’habitant, ce que Francis Pisani appelle la ‘Participolis’.

Aucun responsable ne rêve plus d’un centre de pilotage central, sorte de cerveau numérique déshumanisé qui piloterait avec des automatismes toutes les opérations de la ville. Ceux qui y ont cru, ou à qui on l’a fait croire ont maintenant clairement compris, que ce soit sur le trafic, la sécurité, les consommations ou les situations de crise, ces centres même dans les versions les plus poussées (comme à Rio ou Songdo) ne sont que des outils au service des décideurs et opérateurs pour les aider à réagir mieux et plus vite et qui vont intégrer de plus en plus d’Intelligence Artificielle, mais l’Homme reste à la manœuvre.

Comme le dit Antoine Picon ‘la donnée permet de traiter la ville avec un grain plus fin’ et aujourd’hui il s’agit de la stocker même si on n’est pas encore sûr de son utilisation future car elle permettra à terme d’améliorer la connaissance de la ville en temps réel et de façon fine et donc de permettre un mieux vivre au quotidien pour chacun.

Réussissons la mise en place des échéances législatives 2018 avec en premier lieu la ‘RGPD’ et les premiers pas vers la ‘gouvernance’ de la donnée seront enclenchés.