2019 année des plateformes SmartCity en France

Comme le dit Erik Orsenna dans son livre ‘Désir de villes’ : ’la bonne santé, la nôtre comme celle de toute ville, repose sur le pouvoir de rassembler et de traiter un nombre presque infini de données ( ) La condition de l’intelligence, au sens de la ville ‘intelligente’, c’est le refus du déni’

bb

Collecter, filtrer, valider, rassembler, analyser, corréler les données issues des capteurs, des habitants ou d’acteurs externes, comme ceux proposant des données météorologiques ou des informations ‘non structurées’ issues d’internet (par exemple) constituent la base de ‘ce refus de déni’ pour comprendre ‘les fonctionnements’ des ‘systèmes’ de la ville, et l’environnement et l’avis des habitants qui y vivent.

Mettre en place de tels systèmes, qu’ils soient partiels, locaux, verticaux structurent la démarche Smart City : système de gestion de l’eau intelligente (Waternamics chez Veolia ou Aquadvanced chez Suez), système de pilotage agile de la sécurité des personnes (plateforme Opencity développée par Ineo sur base de technologies IBM), Smart Grids (tels qu’ENEDIS les teste dans de nombreux territoires) mais aussi simple application de signalement (comme Neocity ouTellmycity ….) permettant de relier habitant et gestionnaire de la collectivité.

IBM a mis en place entre 2010 et 2018 près d’une quinzaine de plateformes (Hyperviseurs), générales comme à Pleasant, Madrid ou Katovice ou spécialisées comme dans le New Jersey, à Atlanta ou à Davao mais le mouvement n’avait pas pénétré la France à l’exception des projets de Recherche et Développement déployés entre 2013 et 2016 à Montpellier, Nice ou Perpignan.

En 2018 en France, l’agglomération de Dijon et une communauté de communes le Haut Val d’Alzette se sont engagés dans cette recherche du ‘graal’ de la Smart City et 2019 verra à la fois la décision d’une solution de plateforme numérique à Angers et l’inauguration de ‘On Dijon’.

Dijon et ses 24 communes a choisi un ‘CREM’ de la conception à l’exploitation sur 12 ans pour un budget de 105 Millions dont 53 Millions d’investissements après 18 mois de dialogue compétitif.

L’objectif est de déployer le poste de pilotage unique de l’agglomération, regroupant près de 6 centres actuels (sécurité, transports, feu, PC neige, allo mairie, gestion de l’éclairage …).Mais le cœur du projet est bâti autour d’un contrat de performance énergétique de l’éclairage public avec un engagement de réduction de 65%, économie nécessaire et porteuse d’une partie des innovations.

Au-delà, le projet s’intègre dans une politique lancée avant ce projet pour faire de Dijon l’une des villes de France les plus attractives (l’agglomération revendique près de 1 Milliards d’investissements depuis 15 ans) au cœur d’un triangle Paris – Strasbourg – Lyon et permet d’accélérer une dynamique avec l’ouverture des données du territoire à l’écosystème d’acteurs publics et privés qui ne cesse de s’enrichir attirés par le projet de Smart City.

Le projet du Haut Val d’Alzette s’inscrit lui dans un développement territorial piloté par un EPA et la communauté de communes et dans le cadre de la dynamique d’un secteur géographique plus large à coté du Luxembourg. Ce territoire à la recherche d’une nouvelle image (après des décennies de sidérurgie) s’est inscrit dès 2009 dans des programmes d’innovation en étant distingué par le label Eco-cité et en ouvrant à ce moment-là un ‘living lab de la ville’. Aujourd’hui il a signé un partenariat d’innovation pour déployer l’hyperviseur du territoire et mettre à disposition des acteurs économiques les données d’usage à l’horizon du 4eme trimestre 2020 et offrir ainsi de nouveaux services aux citoyens (projet du type de Montpellier Smart City)

Enfin, dans les mois qui viennent Angers décidera de son projet de regroupement d’activités avec l’installation d’un hyperviseur pour piloter la ville, puis les communes de l’agglomération.

Trois projets, qui ne sont pas ceux d’une des 14 Métropoles françaises. Les élus de ces villes ont décidé de dépasser la logique des projets d’innovation par thématique qui portent une trajectoire de Smart City en accélérant la mise en place d’un hyperviseur de pilotage global, et d’y associéer : ouverture des données, relation directe avec les citoyens, création de nouveaux services numériques aux habitants et mise à disposition du terrritoire pour innover : LivingLab, Fablab et nouvelles structures d’enseignement et de recherche favorisant un terreau de starts up.