La donnée et le risque dans la ville : de Pekin à Dijon

À l’origine pensées techniques, les solutions smart city se sont développées selon l’idée que la donnée et son traitement pouvaient répondre à l’amélioration des conditions de vie des zones densément peuplées.

Risque De Sécurité De Poteau Indicateur - Signe Allemand De Ville ...

Les solutions développées en utilisant la simulation ont su se rendre utiles aussi dans cette période de confinement

Les solutions smart city se sont développées autour de la gestion de la donnée : big data, analytique, mobilité, réseaux sociaux, outils de simulation et modélisation et maintenant Internet des objets, intelligence artificielle et Blockchain.

Dès 2012, IBM a mis en place à Rio de Janeiro une solution de prédiction du risque de glissement de terrain. Grâce à des outils de calcul intensif, une modélisation du terrain et des événements pluvieux, la simulation permet  de prévoir 48 heures à l’avance, en cas de fortes pluies, un glissement de terrain sur une surface de 1 km², permettant ainsi une évacuation réalisable.

Actuellement, grâce à des ressources de modélisation et de simulation, IBM a développé pour les autorités de la ville de Pekin un système de prévision à 72 heures des sources de pollution : des outils de décision qui permettent de freiner l’activité industrielle ou la circulation et d’éviter ainsi les pics de pollution. Ce projet « Green Horizon » démontre comment le couplage de la modélisation, de la simulation et du machine learning crée un « décideur augmenté ».

(intertitre) Le cas des métropoles lyonnaise et dijonnaise

En 2015, Veolia a répondu à un appel d’offres de la Métropole de Lyon demandant de mettre en place un dispositif permettant d’alerter en moins de 72 heures habitants et autorités sur toute fuite dans le réseau. L’objectif était d’optimiser les investissements et de veiller à la maintenance du réseau. Après plusieurs consultations et une phase de test, Veolia s’est tourné vers IBM pour construire avec eux le double numérique du réseau et permettre, par la récupération des données et les systèmes d’alerte, de répondre aux contraintes. Après avoir gagné l’appel d’offres de Lyon, Veolia a remporté celui de Lille et a déployé cette solution dans plusieurs villes qu’il opère.

Il y a un an, Dijon inaugurait un centre de pilotage de la ville : « OnDijon ». Cet hyperviseur de la ville, développé par un consortium porté par Bouygues, EDF-Citelum, Suez et Cap, se positionne au-dessus des centres de pilotage métier pour permettre de faire des économies sur les dépenses en utilisant la donnée et, par corrélation, d’apporter de nouvelles solutions aux habitants. Dans cette période de confinement, l’hyperviseur a été détourné de son fonctionnement initial pour aider à mieux gérer cette période à effectif restreint en utilisant les informations apportées par la vidéoprotection (300 caméras), la gestion de l’éclairage public, des bornes électriques et la collecte des informations issues du transport public. OnDijon a ajouté un numéro vert d’appel d’urgence (hors problème de santé), permettant ainsi de mieux gérer tout problème sur la voie publique ou les bâtiments publics, tout cela avec des équipes de terrain réduites en raison du confinement. Les caméras sont utilisées pour visualiser les abus en tout genre par rapport aux règles du confinement.

On comprend, avec cette nouvelle utilisation, que la mise en œuvre d’une plateforme de collecte de données du territoire, des outils d’analytique et d’IA de traitement, couplés à de la simulation et à des scénarios de pilotage, amène les moyens nécessaires pour apporter de nouveaux services et un haut niveau de réponse aux habitants de la ville.

ARTICLE publié dans la revue CentraleSupelec le 1er mai 2020