Smart City : gadget ou creation de valeur collective ?

Le Syntec numérique associé à la Caisse des dépots, à Advancity et à Systématic a commandité une étude auprès de deux cabinets de conseils pour faire une analyse des retours socio-économique, et pas seulement financiers de 5 projets ‘Smart City’ déployés où le numérique enrichit les services à la ville

Elle démontre à la fois retours financiers et création de valeur collective pour 3 des 5 projets.

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Cette étude a étéprésentée au salon des Maires à Paris, le 22 novembre 2017 sur le stand de la Caisse des dépots et vous pourrez la lire en détail à l’adresse suivante :

http://www.caissedesdepots.fr/sites/default/files/medias/smcl2017/synthese_roi_ville_intelligente_2017.pdf

Si une véritable dynamique « ville intelligente » est en oeuvre dans les territoires, force est de constater qu’elle l’est le plus souvent sous forme de projets ponctuels plutôt que dans le cadre d’un déploiement global. Alors que certains mettent en avant des freins organisationnels, budgétaires ou encore réglementaires, le groupe Caisse des Dépôts, Syntec Numérique et les pôles de compétitivité Advancity et Systematic Paris-Region ont financé une étude initiée et réalisée par Citizing et OpenCitiz afin de répondre à la question de l’utilité des projets « smart ». A travers l’évaluation socio-économique de 5 projets « ville intelligente » concrets, cette étude réussit notamment à démontrer quantitativement que les projets « smart city » peuvent créer de la valeur collective. 

Une démarche inédite 

Les projets publics touchent de nombreux acteurs sans pour autant prévoir systématiquement de transactions marchandes. Les coûts et bénéfices de ces projets ne sont donc pas uniquement financiers, ils peuvent également être de nature économique, sociale, sociétale et environnementale. Afin d’appréhender l’ensemble de ces impacts, la création et la destruction de valeur collective des investissements publics doivent pouvoir être mesurées et objectivées. L’évaluation socio-économique constitue dès lors une méthode permettant de vérifier si les projets créent plus de valeur qu’ils ne coûtent à la collectivité.

Afin de pouvoir comparer les coûts et bénéfices en termes de valeur collective, ceux-ci doivent donc être traduits dans une unité monétaire commune. Les indicateurs socio-économiques sont ensuite calculés sur cette base.

Si cette méthodologie est largement utilisée dans le secteur des transports où de nombreuses valeurs tutélaires existent, c’est la première fois qu’elle est appliquée à des projets smart city.

C’est aussi la première fois que l’on applique l’évaluation socio-économique à des projets « ville intelligente » pour orienter son développement et démontrer ses impacts en matière d’inclusion, d’accessibilité, de santé publique et d’atténuation du changement climatique.

Cinq projets de Smart City passés au crible 

Les projets analysés sur la base de cette méthodologie portent sur la mobilité à Strasbourg, les déchets à la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon, les bâtiments dans le Département du Nord, l’administration dans le Département des Hautes Alpes et l’éclairage à Rillieux-La-Pape. 

Ils concernent des territoires hétérogènes, de la zone rurale à l’agglomération, en passant par la ville moyenne et le département. Ils ont également des niveaux de maturité différents : alors que certains ont déjà plusieurs années d’ancienneté avec des technologies éprouvées et des impacts déjà réels (évaluation ex post), d’autres en sont à leurs balbutiements, avec des impacts encore non palpables qui sont donc estimés en amont (évaluation ex ante).

Les résultats détaillés dans l’étude démontrent des valeur socio-économiques signitifcatives, à fois en valeur financière et en valeur collective pour la Gestion de l’énergie, la gestion des parkings et de l’éclairage.

Pour le cas de la gestion des déchets, il y a une vraie création de valeur collective mais pour un cout financier, enfin l’e-adminstration dans le cas du département des Hautes Alpes posent de véritables questions sur la nécessité de comprendre le positionnement d’un projet, son nombre d’utilisateurs, son obsolescence technique alors qu’il est basé sur de la technologie qui évolue très vite.

 

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Redonner la parole aux citoyens pour co-construire nos villes : La Civic-Tech

( * ) La ville peut devenir plus « smart » en profitant des retours d’expériences de ses premiers acteurs, les citoyens. La Civic Tech va transformer l’engagement citoyen et l’implication locale de tous.

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De quoi parle-t-on quand on fait référence à la Civic Tech ?

Philippe Sajhau Le concept recouvre à la fois des outils de crowdfunding et de communauté, le mouvement des technologies comme le Big data, le cloud ou l’intelligence artificielle, les questions de mobilité, de réseaux sociaux… Cela revient à voir de quelle manière la technologie peut aider à faire évoluer la démocratie dans un monde urbain et de plus en plus pressé, à rendre la donnée et l’action publiques plus transparentes. Ces actions visent à améliorer le système, parfois à dépenser moins, à développer des villes plus durables, à imaginer des solutions dans lesquelles l’habitant ou le citoyen peuvent se reconnecter à la décision politique, voire à faire pression sur les responsables politiques. Aujourd’hui, la réunion publique locale qui se tient un soir de semaine ne s’adresse souvent qu’à des retraités, à des personnes très impliquées et aux détracteurs du maire. Dans notre contexte de vie connectée, on doit permettre à chacun de se reconnecter à la vie de la ville, notamment pour les plus jeunes. Tout cela s’est développé en parallèle du mouvement d’ouverture des données, du développement de l’open data et de la notion d’open gouvernement. De manière assez paradoxale, plus on entend dire que les gens se désolidarisent des élus, plus chacun a envie de coconstruire la ville.

Ce mouvement sur la vie citoyenne est-il très avancé ?

  1. S. Le comité Ville du Syntec numérique a rendu publique en octobre dernier une étude IDC réalisée auprès de 102 collectivités sur la manière dont les villes prennent en compte le sujet de la Smart City et comment elles transforment leurs actions et services. Les résultats sont là ! 52 % des communes interrogées avaient mis en place des projets concernant la vie citoyenne. En premier lieu, ces communes attendent un renforcement du lien avec les citoyens (75 %), loin devant le développement de nouveaux services (45 %) et de la réduction des coûts (38 %).

Quelles applications concrètes peut-on en attendre ?

  1. S. Certaines initiatives permettent d’avoir un retour des citoyens sur un sujet qui concerne la ville ou l’amélioration de la vie en ville. Un réseau comme Ma-residence.fr fonctionne comme un réseau social inversé qui contribue à créer du lien local en partant de la communauté de voisins. Les mises en relations peer-to-peer permettent de créer des communautés en fonction de demandes ciblées, au-delà du covoiturage ou du logement chez l’habitant. Les villes de Montpellier et Madrid ont construit des plateformes de territoires incluant des liens avec les citoyens. Madrid se posait notamment la question de l’efficacité de services sous-traités comme le ramassage des poubelles ou l’arrosage public des espaces verts. Des capteurs ont été utilisés pour faire remonter des données réelles et une plateforme permettait aux citoyens de signaler si les poubelles avaient été ramassées ou la pelouse arrosée. Ce système a eu pour conséquence de ne payer que le service réellement fourni et, selon la Ville, le retour sur investissement a été atteint en 18 mois. Quand la Ville de Paris a souhaité interroger les Parisiens sur ce qu’ils attendaient d’une ville intelligente, 240 000 personnes ont participé à la plateforme d’idéation. Cette démarche s’est ensuite poursuivie par une réunion physique. La technologie est nécessaire, mais c’est un complément pour rendre la ville plus intelligente et plus inclusive. Il y a déjà une très forte amélioration de l’inclusivité via le smartphone et la tablette, qui touchent des générations moins habituées à l’ordinateur.

Qu’est-ce que la technologie et les sciences cognitives peuvent apporter ?

  1. S. La technologie permet de garder ou de renforcer le lien entre ceux qui gèrent la ville et ceux qui la vivent. Si l’on veut aller plus loin sur les outils cognitifs, il faut être capable de disposer des moyens pour explorer les données, découvrir les tendances, engager la réflexion et décider. Les chatbots vont servir à mieux connaître les attentes et à aller chercher dans l’open data un meilleur niveau de résolution. La reconnaissance du ton est aussi un moyen pour améliorer la précision de ce qui remonte des citoyens, de le remettre dans le contexte de la personne, d’aller vers une quasi-assistance de la décision et de ne pas se fier uniquement à la majorité. Les sciences cognitives et les algorithmes sont aujourd’hui capables de voir comment une décision se construit. En passant du mode forum à un outil délibératif, on pourra consolider la manière dont se construit une opinion ou une attente.

*ARTICLE PUBLIE DANS LE MONDE LES CLES DE DEMAIN suite à mon interview

 

TOP 5 des Smart City selon ‘Juniper’, plus de ville française

Au début de l’année 2015 l’organisme Juniper research dressait un classement des 5 villes représentant le mieux les smart city, cette étude a été renouvelée fin 2016 et le TOP 5 a changé.

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Ce nouveau classement correspond à une évolution de l’évaluation des smart city  liée à l’évolution des prises de conscience de ce que doit être la transformation des villes.

Au travers de ce TOP 5 villes, on perçoit ce que représente aujourd’hui une Smart City 2.0 … ou 3.0 après les premiers projets 1.0 des années 2010’s.

5eme : Oslo

La capitale norvégienne entre dans le classement grâce à ces actions en termes d‘éclairage public. Le projet E-Street permet d’ajuster l’éclairage urbain grâce à des capteurs intelligents qui modulent l’intensité lumineuse en fonction des besoins saisonniers et d’activité. Fini les lampadaires allumés en plein jour et le gaspillage énergétique qui va de pair. Ce projet semble coûteux mais avec le développement de capteurs toujours plus performants et toujours plus économiques, la technologie devient une arme pour réaliser des économies. En effet, l’investissement initial nécessaire pour équiper les 10000 lampadaires d’Oslo représente peu à côté des 70% d’économies d’énergies réalisés, et ce tout au long de l’année. Si bien que cet exemple de smart Lightning s’exporte, pas moins de 11 pays européens l’ont adopté, preuve que les projets smart sont transposables du moment qu’ils sont efficaces.

Au-delà de ce projet, la capitale norvégienne entend supprimer purement et simplement l’usage de la voiture en ville en proposant une politique de mobilité des transports en commun très développée, ce projet est très ambitieux vu que l’horizon prévue est de deux ans, en 2019 ! Ce projet pourrait recevoir un accueil plus favorable du fait de la culture écologique plus développée dans les pays nordiques que dans certaines capitales comme Paris où la suppression de la voiture fait grand débat et n’est pas prévu avant 2040.

4eme : San Francisco

En 2014 Nice, se trouvait encore dans le classement en 4ème position, mais San Francisco a revu ses ambitions à la hausse depuis et fait son entrée dans le classement. Résolue à devenir la capitale mondiale de l’innovation en smart city elle s’est dotée en 2012 d’un Chief Innovation Officer afin de pousser et de favoriser l’arrivée de nouvelles solutions digitales et connectées. C’est ainsi que San Francisco a vu naitre des applications dans le domaine médical, dans le domaine de la smart mobilité et de la biodiversité.  Les actions mises en place déjà en 2009 portent leurs fruits aujourd’hui. La plateforme d’open data donnant accès aux données municipales librement a permis la création de pas moins de 60 applications qui facilitent et améliorent l’expérience usager de la ville.

Les ambitions sont claires là aussi ; devenir une ville propre en limitant l’impact environnemental au maximum, que ce soit par la gestion des déchets, leur valorisation et leur recyclage ou encore à l’usage d’électricité 100% renouvelable pour tous les services de la ville. C’est un véritable smart grid environnemental qu’elle s’efforce de mettre en place.

Si San Francisco chasse Nice du classement par une accélération des projets opérationnels à l’échelle dans le sens des préoccupations collectives de respect de l’environnement et d’habitat durable.

3eme : Londres

La capitale Anglaise qui s’est impliquée déjà depuis presque 15 ans dans la mobilité durable avec son péage urbain conserve sa 3ème place sans démériter. Depuis, les modes de déplacement doux se sont développés et la ville a su enrichir cette expérience. En effet, elle a digitalisé le parcours piéton grâce à des bornes interactives pour emmener une vraie valeur ajoutée ludique et attractive afin de récompenser l’engagement citoyen de se déplacer de manière durable. Avec ces 8,7 millions d’habitants la ville entend bien créer un dialogue afin de construire ensemble le Londres de demain. La plateforme Talk London, permet de s’informer pour y vivre, s’y déplacer ou y travailler mais permet surtout d’apporter son feedback des citoyens en répondant à des enquêtes et des sondages précieux pour modeler les actions en réponses aux problématiques des habitants.

Cet exemple de co construction illustre parfaitement la création de valeur possible par le biais de la parole citoyenne, en s’impliquant pour leur ville les habitants sont concernés par les problématiques qui les touchent au plus près et apportent leurs solutions bottom-up. C’est un nouveau modèle de création de valeur collective pour les habitants et économique pour la ville.

2eme : Barcelone

Barcelone fait office de référence en matière de smart city, en effet avec la création de son Urban Lab, centre d’Open Innovation autour de la plateforme d’open data à destination des entreprises, elle entend fédérer les acteurs autour d’un projet : améliorer la gestion de la ville. Pour cela la ville s’est bardée de capteurs afin de gérer le trafic urbain et ça marche. Les premiers retours affichent une diminution attendue du trafic de 21% dû au remodelage du flux.

Mais les dispositifs smart ne s’arrêtent pas à la mobilité urbaine. En effet, la mise en place de la collecte des déchets intelligente afin d’éviter les déplacements inutiles, de smart parking, de smart Lightning (lampadaires intelligents), de capteurs de surveillance sonores et de la qualité de l’air et même d’un réseau wifi général dans tous les espaces publics, font de Barcelone l’un des modèles de référence smart-city. Si bien que la banque mondiale l’a mandatée pour formaliser son modèle afin de l’étendre comme modèle « standard » de la smart city.

Malgré cela et bien qu’elle affiche des projets écologiques et durables nettement meilleurs que New York ou Londres elle perd une place et se voit devancer par la championne de cette étude : Singapour.

1er : Singapour

Le programme lancé en 2014 baptisé Smart nation porte aujourd’hui ces fruits et Singapour truste la première place du classement et détrône Barcelone. Elle n’était qu’à la 5ème place en 2014, mais par des mesures ambitieuses que l’on pourrait qualifier de radicales, véhicules autonomes, gratuité des transports et des péages à certaines heures, et mise en place de véhicules entièrement électriques, elle a su imposer une smart mobilité de pointe. Le but étant  d’éradiquer la voiture ce son centre urbain.

La ville se positionne également sur la gestion de l’énergie par la sensibilisation de ses habitants qui peuvent comparer leur consommation. Elle entend enfin favoriser la green innovation par la création du Clean Tech Park, véritable fer de lance en matière d’industrie verte et des bâtiments écologiques de demain.

Ces dispositifs répondent tous à une préoccupation environnementale devenue un enjeu majeur de durabilité en Asie du sud-est à court termes. Le temps n’est plus à l’évaluation ou à l’expérimentation il faut agir et Singapour l’a compris. La ville est pleinement consciente des périls qui la guettent et fait tout pour conserver son surnom de ville jardin.

 Les tendances nouvelles des Smart City  

Les  facteurs qui placent ces villes dans le top 5 ont évolués depuis 2 ans.

 Il parait clair que la tendance est à la Co conception de la ville avec le citoyen, notamment grâce à l’open data qui libère les énergies d’entreprendre pour la ville et favorise les lieux de co-innovation.

L’autre tendance majeure repose sur  la mobilité durable que l’on retrouve dans chacun des 5 acteurs de ce classement, et qui reste l’axe principal de progrès des grandes villes.

Par ailleurs l’hyper-connexion des citoyens ouvre de nouvelles possibilités de dialogue et d’utilisation des données personnelles pour le bien commun.

Enfin, une tendance de fond qui affecte positivement l’évaluation du caractère smart des villes est indéniablement celle du développement durable dans les faits.Les projets liés à une énergie dé carbonée et à une gestion intelligente des déchets renforcent la visbilité de leur ville.

Le  temps de l’expérimentation et du tâtonnement semble être révolu et le ROI économique et socio-économique est devenu un déterminant majeur de la réussite des projets.

co-écrit ave Camille Theron

93 % des communes confirment s’être saisies du thèmes de la Smart City ( étude IDC octobre 2017 )

Dans les locaux de ‘CA Village’ l’équipe de la commission ‘ville’ du SYNTEC numérique a dévoilé les résultats d’une étude IDC faite après l’été 2017 auprès de 108 communes dont  55% ont moins de 20 000 habitants et plus de 5 000 habitants, portant sur le sujet de la ville intelligente ou ‘Smart City’.

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Cette étude révèle que 93 % des communes se sont maintenant saisies du sujet de la ville intelligente, dont 53 % depuis plus de 3 ans ( cette part monte à 60 % pour les plus grandes collectivités ), et en complément on note le lancement de 4 projets en moyenne sur cette thématique par collectivité<.

Trois principales raisons les poussent à s’engager sur la voie des projets smart city :
1/ créer du lien avec les citoyens
2/ développer de nouveaux services
3/ réduire les coûts

Les projets autour de l’ éducation et sur la vidéosurveillance sont pour leur part les plus engagés et aboutis, les nouvelles initiatives du moment sont autour du bâtiment intelligent, de l éclairage intelligent et des parkings intelligents.

Il apparaît d ores et déjà des bénéfices visibles sur les projets terminés ( la commission ‘ville’ du SYNTEC numérique publiera d’ailleurs un retour d’expérience sur les gains socio-économiques de projet terminés lors du Salon des maires ), néanmoins 35% à 40% des villes ne disent ne pas avoir de vrais indicateurs de suivi de la performance des projets.
Malgré cela et comme exemple les projets concernant les soins de santé et la ‘smart water’ sont ceux porteurs des gains les plus importants avec 67% quand ils sont chiffres

Concernant l’ éducation, Le tourisme et l’attractivité les indicateurs sont plus difficiles à appréhender.

Qu est ce qui freine les communes à aller plus vite ?
La question la plus difficile reste celle du financement, 10% du budget informatique est dédiée à ces projets en moyenne, même si il existe une très grande différence entre les plus petites et les plus grandes qui vont elle accélérer et continuer à mobiliser plus de budget.
Le manque de volonté politique est la deuxième raison citée comme frein à ces projets et enfin la question du manque de compétence .

Les communes disent devoir investir plus massivement sur les questions d’interoperabilite, sur la sécurité et la protection des données et la sécurité d accès au système d’information, en parallèle 1/3 des communes ont lancé des plans de formation sur ces domaines

La smart city est donc maintenant engagée sur presque toutes les communes, il faut les aider à trouver et garder les compétences, former les élus et justifier les projets porteurs de nouveaux services et de qualité de vie par des gains dans leur dépenses.

Smart City un marché de $1.565 Trillon en 2020 selon Frost et Sullivan

Une nouvelle fois une étude annonce un marché ‘énorme’ autour de la ville intelligente quand en même temps de nombreuses entreprises se posent la question de comment gagner de l’argent avec les Smart City

‘Frost et Sullivan’ se lance dans un critère pour être caractérisé ‘ville intelligente’ : ‘Ce sont les Smart City qui ont déployé au moins 5 des 8 ‘Smart’ thématiques’ : Smart Energie, Batiments, Mobilité, Technologie, Santé, Infrastructure, Education, sécurité et citoyen.

Selon eux, 25 villes pourront prétendre à une telle définition en 2025, en ne tenant pas compte des villes qui n’auront déployé que des quartiers ou des projets ‘Smart’ localisés.

Autre élément intéréssant, ils précisent que ceci n’est pas à confondre avec les ‘Villes durables’ ( selon eux : 92 en 2025 ) qui mettent en oeuvre des projets plus directement liés à des projets de réduction d’énergie et des solutions durables avec des objectifs environnementaux.

Un point enfin important à noter est l’appétit des citoyens pour participer aux nouveaux projets Smart notamment : ‘mobilité verte’, ‘les initiative pour réduire la pollution’ et les nouveaux choix de vie ( recyclage des déchets, réduction de la consommation d’énergie et la préférence pour les produit protégeant la planète ).Ce phénomène grandissant va accélérer les projets Smart CIty en poussant les élus à engager cde nouveaux projets.

L’un des phénomènes majeurs technologiques des 10 prochaines années sera celui du véhicule électrique autonome !

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Smart Building pour Smart Cities aux Universités d’été de la SBA ( Smart Building alliance )

Enjeux des données : quels usages, quelles garanties, quelle valorisation

Mon intervention au débat de cloture de la première journée

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 Il n’y a plus de débat sur la ‘ville intelligente’ :

Le contexte est clair : plus de population, plus d’urbains (70% de la population en 2050 sera urbaine – En 1950 83 villes de plus de 1 M  d’habitants – 476 aujourd’hui).Dépenser moins d’énergie, moins polluer – 80% du CO² est produit par les villes qui ne représentent que 2% de la surface du globe – moins perdre de temps dans les embouteillages – 1,6 % du PIB envolé en ‘fumées’ ! et permettre à la population de s’exprimer et d’entrer dans la boucle ‘créative’ de la ville.

Plusieurs adjectifs sont souvent associés à la ville intelligente :

Elle est connectée

Elle est économe, elle repose sur un développement plus durable

Elle est sure

Elle est inclusive

Elle est participative

Elle contribue à développer une économie locale qui alimente son développement

Beaucoup d’objectifs à satisfaire qui ne sont pas toujours embrassés dans les projets en cours, mais ils sont sous-jacents. Si le concept a démarré dans un cadre très technologique, il est maintenant évident que si la technologie, et majoritairement les solutions numériques sont au cœur de la démarche, elles ne sont pas l’aboutissement du concept comme des projets de villes comme ‘Songdo’ avaient pu le laisser croire.

 

Au cœur de ces projets, la donnée va porter la transformation des usages.

Il va falloir la produire, la collecter, la transmettre, l’afficher, la traiter et la transformer en informations pour prendre des décisions, analyser les situations sur des états cumulés et historiés, mais de plus en plus décider en temps réel, en ajoutant du ‘prédictif’ et de plus en plus du ‘cognitif’ pour identifier des ‘patterns’ récurrents par exemple qui permettront de réagir plus vite en choisissant le meilleur scénario déjà testé et éprouvé. 

Peut-on considérer le ‘bâtiment intelligent’ comme centre de gravité de la ‘ville intelligente’

Porter une dynamique et un projet au niveau d’une ville est possible et même nécessaire, nous avons vu que les Villes intelligentes considérées comme les plus avancées (Lyon, Nice, Barcelone, Amsterdam, Milton Keynes, Florence ou New York et Paris…) ont un projet Smart City inscrit dans le temps avec une feuille de route claire, chiffrée et une équipe mandatée qui la déploie.

Mais par ailleurs, nous avons aussi constaté qu’il était difficile de rendre visible les résultats de ce travail à l’échelle globale de la ville à l’exception de thèmes comme l’Open Data ou les plateformes de pilotage de ville ou les applications tournées vers les citoyens

Bien souvent, la mise en œuvre de concepts va se dérouler au niveau du quartier s’appuyant sur des ‘bâtiments intelligents’ comme en France avec les projets : Montpellier Eureka, Eiffage Orange Marseille, Confluence Lyon, Grenoble presqu’ile ou Nantes et les quartiers flottants

Lien entre ‘bâtiment intelligent’ et données

Il y a bien longtemps que les acteurs du bâtiment collectent des données pour suivre la gestion du bâtiment.

L’enjeu est maintenant d’étendre cette collecte, probablement de banaliser les capteurs et d’identifier un acteur qui va fédérer les données disponibles. La valeur viendra de la corrélation de ces données d’origines diverses (énergie, eau, qualité de l’air, prédiction météo …), avec celles issues d’autres systèmes comme les opinions d’utilisateurs ou d’habitants, leurs demandes – parfois non formalisées – et leurs gouts par exemple (autant de données souvent non structurées, par rapport à celles énergétiques par exemple) et de produire ensuite de nouveaux services d’aide à une meilleure vie dans le bâtiment (connaitre la place de parking disponible, le meilleur moment pour descendre à la cantine, le box dans un bâtiment tertiaire qui est libre même si il avait été réservé mais en fait où personne ne s’est rendu, la meilleure gestion de l’espace par la connaissance fine de son utilisation …)

Le bâtiment est le premier lieu d’intelligence sur le territoire, ensuite le quartier permet de fédérer des besoins et moyens. Avec par exemple le partage d’outils de mobilité, de parkings, d’échanges entre habitants mais aussi le production locale d’énergie et l’autoconsommation possible maintenant depuis le décret de mai 2017 ou les boucles de déchets optimisée  comme à Issy les Moulineaux…. 

Les données : leur pertinence et valeur

La donnée n’a pas de valeur si elle n’est pas utilisée.

Pour cela après sa collecte, elle doit être calibrée, triée, sélectionnée et transformée en information comme nous venons d’en parler.

Certaines seront porteuses immédiates de gains comme les données énergétiques qui vont permettre ensuite d’optimiser la consommation, ou celles liées à l’eau dans la détection des fuites. D’autres sont moins porteuses de valeur immédiate mais vont permettre de contribuer au mieux vivre comme par exemple le temps de passage du bus.

Question 1 : bâtiment et villes mais pour quels services ?

Les thématiques du bâtiment sont connues et ont été rappelées dans les différentes interventions : L’énergie et son optimisation – on peut avoir une production au niveau du bâtiment et du quartier en plus des autres mailles traditionnelles (autoconsommation), la sécurité qui est gérée souvent dans les espaces privés en complément de l’espace public et des améliorations de coordination et d’efficacité existent, meilleure gestion des espaces dans le bâtiment tertiaire, services de proximité : mobilité partagée, parking, concierge, restaurant et services locaux tous ceux-ci pouvant être partagés au niveau du quartier voire pour certains de la ville. Par contre la gestion des déchets et l’approvisionnement en fluides seront plus souvent liés au territoire.

Ces services reposent sur des données, produites localement ou pas. Ce qui va être différenciant dans le futur sera de positionner les besoins de l’habitant ou de l’usager au cœur des nouveaux services, et non pas de produire des services à chacun des échelons du bâtiment, du quartier ou de la ville. En effet c’est lui qui va se lever, se préparer, va travailler ou faire des courses ou se promener, préparera sa soirée et reviendra finalement chez lui. Sachant que certains de ses services lui seront proposés directement par des applications liées à la ville (déplacement) ou à par d’autres fournisseurs (possible conciergerie, météo …. ) comme les GAFA. 

Question 2 : la donnée est au cœur

Certains ont exagéré le lien explicite entre ‘smart city et numérique’ en rappelant que le numérique n’était pas le seul axe de cette ville et qu’il ne s’agissait pas de faire une ville de technologie. Ils ont à la fois raison, et ces critiques étaient issues de l’origine du concept (années 2010/2014 ) et tort car il n’y a pas de nouveaux services, de gestions optimisée, de sécurité ou d’expérience meilleure pour l’habitant ou l’employé sans qu’elles ne soit supportées par la donnée et le numérique.

IBM se positionne comme un acteur qui apporte de la technologie et des services aux acteurs fournisseurs des services finaux à l’habitant dont nous venons de parler. Nous proposons des solutions pour récolter la donnée en volume la protéger (Big Data -Cyber sécurité) après sa production par des capteurs que nous ne produisons pas et son traitement par des opérateurs de télécommunications que nous ne sommes pas. Par exemple nous avons signé un partenariat avec Kone pour qu’ils puissent utiliser et fournir des structures ‘IOT’ dans les bâtiments, nous avons un accord avec Vodafone dans le domaine de la ville intelligente ou nous fournissons la plateforme IOT et des services au petites villes, nous proposons des solutions autour de l’internet des objets – du Big Data – des DataLake pour regrouper données structurées et non structurées qui représente 80 % des données produites et ensuite les outils pour les traiter avec du prédictif, proposer des scénarii de réaction et du cognitif : langage naturel, identification de patterns pour aller vers une logique d’intelligence augmentée et de systèmes plus autonomes mais aussi plus abouties dans l’assistance au décisionnaire ( robot concierge dans les hotels Hilton, partenariat avec le groupe ENGIE sur la sécurité et les plateforme de territoire, partenariat avec Veolia sur la gestion de l’eau ) 

Question 3 : réaménager la ville, est ce que le numérique peut aider ?

L’augmentation démographique et la concentration urbaine me semblent inexorables pour au moins une génération, ensuite des phénomènes non prévus pourraient toujours intervenir comme régulation, car à terme ce rythme semble effectivement incroyable avec 10 Milliards d’habitants en 2050 dont 3 Milliards en Afrique.

Dans ce cadre et au-delà des questions d’énergie et de pollution, la mobilité est une difficulté majeure du quotidien liée au logement et à l’implantation des activités économiques.

La mixité fonctionnelle, les alternatives de mobilité publiques privé et sur tous type de véhicules, la co-mobilité et demain des véhicules autonomes qui permettront une plus grande densité de déplacements sur certains axes et enfin une meilleure information temps réel et prédictive de ces alternatives sur les trajets à faire sont autant d’améliorations possibles (Lyon en fait la démonstration au quotidien).

Mais il me semble effectivement dommage qu’il n’y ai pas des projets plus structurants ‘impulsés’ par le public ou le prive pour localiser des centres de production, de services et de décisions dans des lieux aujourd’hui délaissés et que le numérique remettraient à distance virtuelle proche.

Pensons à nos villes moyennes de province, qui ne sont pas sous l’influence d’une métropole ou à des villages qui ne sont pas touchés par le tourisme. Pour cela seul l’Etat peut donner l’exemple de façon massive et engager le mouvement.

Rappelons-nous il y a près de 60 ans, la France lançait deux programmes d’envergure très structurant dans ce domaine : la cote du Languedoc qui a été une initiative du général de Gaulle alors que beaucoup de gens expliquaient que ceci serait impossible à cause des moustiques et que personne ne viendrait dans ces nouvelles plages et les villes nouvelles autour de Paris : Evry, Saint Quentin en Yvelines, Marne la Vallée ….

Il pourrait y avoir un programme de cette envergure pour créer des ‘super Tier lieux’ et bassins de vie moins chers et plus agréable à vivre au quotidien, le tout ‘smart’

Question 4 : passage à l’échelle de la Smart City.

En 10 ans un grand chemin a été parcouru, on met en effet quelques grands projets en avant, mais aujourd’hui de très nombreuses villes, communes ont un programme de ville intelligente, connectée …

De nombreuses villes sont déjà identifiées comme déployant des solutions sérieusement dans ce domaine : Boston, Sans Francisco, NY, Copenhague, Stockholm, Amsterdam, Vienne, Berlin, Paris, Nice et Lyon bien sûr pour n’en citer que quelques grandes Métropoles.Mais en rapport avec les travaux de cette université on peut aussi rappeler que les bâtiments et les quartiers intelligents vont accélérer ce passage à l’échelle en forçant les élus à prendre en compte globalement sur la cité cette question s’ils ne l’avaient pas déjà fait.Enfin pour conclure je rappellerai que la Smart City est un projet – un voyage, pas un produit fini, qu’il faut une volonté politique claire et articulée avec des ressources et qu’il s’agit de revoir tous les investissements d’une collectivité à l’aune de ce que la technologie et le numérique peut apporter pour transformer la collectivité et apporter la valeur que le numérique peut amener.

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