Numérique et résilience, territoires et entreprises

J’ai eu l’occasion de participer à une table ronde organisée par Niort Numérique sur le ‘numérique et la résilience’ et nous avons pu échanger sur les enjeux, les risques et les opportunités. 

Denis Kessler disait il y a quelques jours : ‘Le monde qui s’ouvre sera obsédé par la préservation de la vie humaine’ 

Lorsque nous parlons de résilience, l’enjeu est là :

Comment un système, une organisation, une entreprise, un territoire se prépare et fait face à un évènement disruptif, voire catastrophique pour revivre au plus vite et revenir à son niveau d’équilibre avec la moindre casse, de victimes ou de dégâts financiers.

Notre question aujourd’hui est de se demander si le numérique aide ou pas dans ce défi.

Regardons ce qui vient de se passer. Dans cette période inédite de confinement, on ne peut pas nier que même si le Président Macron a utilisé le mot de ‘guerre’ nos grands services de réseau (énergie, eau, déchets, communication), nos collectivités, nos services majeurs banques et assurance et notre alimentation ont continué à fonctionner et souvent aidés par le numérique et le travail à distance pour les piloter. Même s’il est aussi évident que de nombreuses professions, souvent peu mises en avant ont aussi fait un travail difficile dans un environnement hostile alors que la très grande majorité des français étaient confinés.

De la même manière le confinement qui a bloqué chez eux à un moment donné plus d’1 milliard d’individus, n’a pas interrompu les échanges et le lien social et quasiment uniquement grâce aux outils de communication et aux réseaux sociaux.

De nombreuses entreprises vitales ont poursuivi leur travail aidées par le travail à distance et le e-commerce s’est développé comme jamais au travers des plateformes de ventes en ligne, Amazon a lui tout seul a embauché 175 000 personnes sur la période de confinement.

 

Il est donc évident que les entreprises doivent accélérer leur transformation digitale pour faciliter cette capacité de résilience et faire face à de futurs temps difficiles : poursuivre l’amélioration d’une relation client hybride, directe mais tout aussi complète via internet, sécuriser et disposer d’alternatives pour de leur chaine logistique avec l’intégration de producteurs locaux et une gestion dynamique de la disponibilité des produits (par exemple proposer des alternatives de ce qui est disponible par rapport à une demande), permettre ses employés de travailler plus à distance en toute sécurité pour les données de l’entreprise

 

Un bémol pourrait être apporté concernant l’importance démesurée des plateformes numériques (GAFAM) qui ont permis à la population de communiquer : Google, Facebook, Microsoft … leur rôle et leur puissance pourrait devenir un risque sur notre résilience en étant un passage obligé si par mauvaise gestion ou par défaut technique ils venaient à s’écrouler. Il est donc important de favoriser toutes les alternatives, les outils propres pour pouvoir changer et rester agile sur la solution qui permets la résilience … l’enjeu politique autour du rachat de Tik Tok en dit long sur la puissance réelle ou supposée de ses nouveaux réseaux sociaux.

 

Il en est de même pour les territoires.

Les crises se sont récemment succédées depuis le tsunami en Indonésie qui a marqué le début d’une série noire d’inondations, de pics de chaleur, de fonte des glaciers, de feux gigantesques…Les prévisionnistes pensent qu’il continueront avec des amplitudes toujours plus élevées. Là encore le numérique comme outil peut aider l’homme dans deux directions. 

Premier niveau : anticiper et prévoir. L’exemple de Rio qui connaissait a la fin des années 2000 des pluies diluviennes qui créaient des glissements de terrain et qui ont entrainé jusqu’à 200 morts a mise en œuvre une solution pour dépasser la seule protection qui existait face à ce phénomène : ‘barricadez-vous !’. IBM a travaillé avec la ville, des associations, la Météo et avec des moyens de simulation et de captation de données, nous avons alors pu mettre à disposition de la ville un outil de prévision à 72h du risque et de ses conséquences sur des carrés de 1km² dans la ville, permettant au maire de demander aux populations de ces mini zones d’évacuer si nécessaire.

Deuxième niveau : réagir vite et de façon coordonner dans la crise. En Indonésie nous avons mise en place une plateforme de gestion de la crise permettant à toutes les équipes de secours de travailler en même temps sur la même donnée, avec la même communication et de gagner ainsi quelques dizaines de minutes sur toutes les actions, éviter les cafouillages et ainsi préserver des vies et protéger des lieux, permettant un retour plus rapide à la normale et ce à moindre gain.

 

La résilience est la condition de notre survie, professionnelle et personnelles. Les crises semblent être amenées à se multiplier et de tous types. Toutes les organisations se posent des questions et investissent pour faire face à des attaques de cybersécurité. De la même manière la question de la résilience doit être traitée, peut être dans le cadre des mission ‘’RSE’ et nécessiter les investissements qui vont bien pour prévoir, anticiper pour minimiser mais aussi traiter et passer la période de crise dans les conditions qui permettront sans trop de ‘casse’ au retour à la normale, et le numérique apparait comme un des outils majeurs dans ce travail.

Intervention au salon Intelligent Building Systems à Paris

Ce Mercredi 9 Novembre 2016, j’aurais l’honneur d’intervenir à la 7ème édition du Salon Intelligent Building Systems qui se tiendra Porte de Versailles à Paris. Jean-Claude Tanguy (Président du Directoire Property Management France, BNP Paribas Real Estate), Kevin Cordona (Directeur de l’Innovation et du Développement Durable, BNP Paribas Immobilier Entreprise) et moi même animerons l’atelier intitulé « La digitalisation de l’immeuble: l’intelligence au service de l’humain« . Nous y apporterons nos expertises  et points de vue respectifs sur la diffusion du smart dans les sphères du bâtiment et de l’immobilier ainsi que les enjeux et stratégies que celle-ci entraîne.

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La ville, le citoyen, les données et ses services

Interviewé pour le numéro 82 de traits urbains de mai juin, j’ai pu commenter quelques tendances actuelles du développement des Smart Cities et aussi les freins qu’il reste encore à débloquer.

En synthèse, et au delà des bases de la Smart City liées à l’expression des données et à la mobilité, on peut voir de plus en plus clairement la demande des citoyens de prendre en compte avec plus de considération la sécurité des biens et des personnes ainsi que la gestion des catastrophes naturelles.

La difficulté du passage à l’échelle des projets à celle de la ville reste une question clé même si on peut commencer à l’appréhender en anticipant l’intégration du numérique dans chaque nouveau projet de la collectivité.

La transformation numérique touche toutes les organisations et tous les ‘business model’, notamment avec l’approche économique des ‘plateformes’ mais il est nécessaire de poursuivre la connaissance du numérique au niveau des acteurs de la ville, non pas en objet technologique mais en créateur et catalyseur de nouveaux modèles.

En parallèle, on voit surgir de plus en plus de projets de bouquets de service au coeur des nouveaux quartiers et l’idée que le cognitif va pouvoir apporter des capacités d’intelligence pour mieux accompagner les décisions et les choix.

Le marché global semble lui de plus en plus attractif avec une estimation de 1,4 trillion de dollars en 2020.

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Watson au service de l’énergie : Retour sur l’intervention de Nicolas Sekkaki, Président IBM France, au salon Smart Energies

L’article d’ « Industrie et Technologies » revient sur le potentiel de Watson dans l’énergie, développé au Salon Smart Energies, et cite également quelques passages de mon interview: « Nous ne sommes pas des énergéticiens, mais des experts de la donnée. Nous sommes là pour aider à la décision et faire de la prédiction »

Le Secteur énergétique est bousculé par la baisse des prix, par une évolution extrèmement rapide vers un mix Centralisé – Décentralisé dont le point d’inflexion et d’accélération se situera le jour où les prix des moyens de stockage d’énergie personnel seront complètement accessibles ( de 3 à 5 ans ) et où les nouveaux tarifs TURP vont favoriser l’auto-cosommation et tout cela dans un contexte de ‘right off de bilan’ et de besoins d’investissements extrèmement lourd.

Le secteur devient un secteur de l’Energie-Digitale

De nouveaux acteurs arrivent, les SolarCity, Nest et autres et les énergéticiens traditionnels doivent et sont en plein re-invention pour accompagner mais mieux pouvoir anticiper cette lame de fond.

Dans ce contexte du tout Data, d’équilibrage temps réel, d’anticipation de phénomènes intermittents, de nouvelles relations clients, de ‘foisonnement’ de données qu’il faut comprendre et interpréter, le cognitif  a toute sa place pour : échanger en langage naturel, apprendre et adapter ses réponses tout en les documentant, traiter le non structuré et aider l’humain dans sa décision.

C’est ce que notre Président a présenté dans son intervention

Retrouvez l’article complet sur: http://www.industrie-techno.com/ibm-met-watson-au-service-de-l-energie.44424

« Les big data sont-elles l’ennemi des citoyens ? » Retrouvez – moi demain aux Prix de l’innovation Le Monde Smart Cities

La remise des récompenses de la première édition des Prix de l’innovation Le Monde Smart Cities se déroulera  à Lyon ce vendredi 20 mai, pour faire avancer la ville intelligente et les innovations de demain.

Cette journée sera aussi animée par plusieurs tables rondes, dont une intitulée « Les Big Data sont -elles l’ennemi des citoyens? », à laquelle je participerai.

Plus d’informations en cliquant sur le lient suivant: http://www.economie.grandlyon.com/evenements/prix-de-linnovation-le-monde-smart-cities-2016-2015.html

Opposer technologies et citoyens : un sujet dépassé …

Différents points de vue se distinguent lorsqu’il s’agit de réfléchir à la place des nouvelles technologies cognitives dans le périmètre d’action des humains.

Les pratiques et les usages évoluent rendus possibles par la technologie.

Avec l’émergence des pratiques de partage comme ‘Blablacar’, avec seulement 15% des parisiens qui possèdent une voiture, on constate des évolutions dans les façons de concevoir la mobilité au quotidien par exemple.

Les dispositifs de co-creation, de crowd-funding impliquent les individus mais ne sont rendus possibles que par la technologie et la nouvelle économie des ‘plateformes’.

Pour Carlos Moreno, expert en ville intelligente, seule une ville qui place les citoyens au centre de ses préoccupations pourra être en mesure de répondre aux défis futurs de la ville. Les nouvelles technologies sont alors des outils numériques à disposition des citoyens pour permettre de créer des services, mais l’innovation et la réflexion passe avant tout par l’humain.Nous sommes tout à fait d’accord sur ce point de vue qui renforce la position de l’habitant dans la ville

Avec le développement de l’Internet des objets, une partie des échanges se fera de plus en plus directement entre machines sans pour autant supplanter l’humain.

Pour Emmanuel Hirsch, la santé connectée et l’homme ont intérêt à se compléter mais ne peuvent pas se substituer. Le professeur d’éthique médicale et directeur de l’espace éthique île de France émet le point de vue suivant « tant mieux si aujourd’hui les technologies nous permettent d’avoir des pratiques médicales plus adaptées à a la situation de chaque personne » mais « la technologie ne se substituera pas à la parole du médecin».

C’est aussi l’interprétation qu’en fait Jean-Louis Perol, Directeur général de Clustree, une entreprise qui met le Big Data au service des ressources humaines. Pour lui, le Big Data est un »terreau riche » qu’il faut savoir interpréter. Ainsi la technologie ne se substitue pas à l’intelligence humaine, mais toute sa valeur se trouve dans le fait qu’elle permet une meilleure disposition et compréhension pour prendre des décisions.

Pour Peter Thiel, cofondateur de Pay Pal avec Elon Musk, rien n’oppose l’humain à la technologie, et si « les ordinateurs réalisent certaines choses mieux que les humains, notamment dans le domaine du filtrage des données de masse; pour le reste, l’homme est toujours le meilleur. »

C’est finalement la position que nous adoptons chez IBM avec les solutions cogitives Watson et l’assistant intelligent, qui est capable de communiquer en langage naturel puis d’analyser de nombreuses données de toute nature, notamment non-structurées en un temps record pour proposer à l’humain des décisions possibles, de façon documentées et en lui laissant le soin de prendre sa décision.

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Le robot Pepper d’IBM                                                                                                          credit: Aldebaran

L’enjeu est la plateforme de mobilité : Montreal ne s’y est pas trompé

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crédit: livemontreal

Après Chicago, c’est au tour de Montréal ce vendredi 22 avril d’annoncer un partenariat d’entente avec Waze, application de navigation gratuite appartenant à Google et permettant aux conducteurs de calculer des itinéraires et de connaître en temps réel l’état du traffic grâce à son volet social et à la communauté de Wazers qui signalent directement les embouteillages, accidents, etc, mais surtout rassemblant des informations issues des personnes qui se déplacent.

Durant ce pilote d’une durée de 2 ans, les données récupérées par l’application seront fournies à la Ville de Montréal, qui en échange communiquera par exemple sur les rues fermées pour les travaux de voiries à Waze  pour enrichir les informations mises à disposition des utilisateurs avec des informations publiques certifiées.

Pourquoi une telle démarche ?

Ainsi, en récoltant ces données via Waze, Montréal  confirme la nécessité de récupérer les données de mobilité, quelles qu’en soient leur source et de créer une plateforme de données de mobilité au niveau local,  de les classer, les analyser en appliquant de l’analytique ou du cognitif, pour donner des informations tangibles et pertinentes aux conducteurs et citoyens.

Au delà, c’est aussi le défi pour la collectivité locale de garder l’autorité en matière de transports et de communiquer conformément à sa politique de mobilité

IBM a signé un parteneriat avec PSA et les 3 marques du groupe pour avoir accès à de nouvelles sources de données précieuses afin de pouvoir extraire par l’analytique de l’information complémentaire

Dans un même ordre d’idée le rachat par IBM de la compagnie ‘The Weather’ permet d’intégrer au delà des données de mobilité des informations météorologiques sur des rectangles de quelques centaines de mètres permettant en corrélation avec d’autres données d’apporter de l’information et des suggestions de mobilités qui tiennent compte des conditions météo.

L’enjeu pour la collectivité territoriale est de pouvoir rassembler ces sources de données, de les traiter avec un angle de services nouveaux, de prédiction, d’anticipation de décision et de les enrichir par des informations publiques validées, avérées et vérifiées que ses services de mobilités ou des acteurs qui accèderont à ces données mettront à la disposition de la population dans des conditions définies.

 

La Smart City, un marché à 1,4 trillion de dollars en 2020 selon une étude de Grand View Research

Avec une croissance estimée à 13,6% par an depuis 2014, la taille du marché mondial prévue pour 2020 est le triple de 2013 avec pour cause principale l’augmentation exponentielle de la population dans les villes .

Selon l’étude de Grand View Research, cabinet de conseil et de recherche californien, le secteur leader depuis 2013 avec 15,2% de croissance par an reste celui du transport intelligent.

Second secteur en forte croissance, la sécurité qui devrait atteindre 77,2 milliards de dollars en 2020, due à l’augmentation importante des risques de cyber-attaques et donc la nécessité de sécuriser les infrastructures et les systèmes d’information. L’essor du cognitif, qui facilite la détection des fraudes et menaces par rapport aux mécanismes de sécurité traditionnels, participe à la croissance du secteur, évaluée à 14,8% par an depuis 2014.

Fortement positionné sur le cognitif et l’Internet des Objets, objetsconnecte.com préconise qu’IBM sera un acteur phare dans le paysage des Smart Cities en 2020.

 

 

Retour sur mon intervention au BIM World 2016

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Je suis intervenu le 7 avril lors de la conférence « Beyond Technologies, Be cognitive » pour parler de la ville apprenante et cognitive aux cotés de Bernard Ourghanlian, CTO de Microsoft France, et Guillaume de Saint Marc, Directeur de l’innovation de CISCO.

 
 
 
 
 
 

Ma présentation expliquait l’évolution de la Smart City vers la ville cognitive, et l’intégration des briques solutions d’IBM autour de l’Internet des Objets, Watson et des solutions pour les bâtiments. J’ai pu illustrer ceci notamment avec les travaux du Laboratoire de Dublin sur les bâtiments cognitifs.

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