Les Infolab au secours de la demystification des algorithmes de traitement de la donnée

L’open Data et la libération de données est déjà très présent et nous avons eu l’occasion de regarder notamment son expansion dans les villes françaises et sa prise en compte très au sérieuse par les plus grandes villes américaines autour de ces ‘CDO’

C’est le moment de poursuivre son amplification et la création de valeur associée attendue au travers du traitement de la donnée avec les algorithmes analytiques ou cognitifs. Pour cela il faut  surmonter les questions de confiance sur l’utilisation de la donnée et aussi améliorer la compréhension de comment en est extraite la valeur en notamment sensibiliser les citoyens et les collectivités à ce sujet….les Infolabs pourraient ils nous y aider ?

De plus, nous ne sommes plus aujourd’hui seulement confrontés à l’explosion du volume de données produites et captées et à l’ouverture des données publiques, mais également à tout type de données personnelles et collectives  qu’il devient essentiel de comprendre, de s’approprier mais aussi de pouvoir interpréter.

Le principe n’est en effet pas de libérer les données mais bien d’en tirer de nouveaux usages en y associant les utilisateurs, aujourd’hui souvent démunis face à ces réservoirs de données complexes, qui restent réservés aux spécialistes.

Or les citoyens sont bien essentiels à l’initiation des projets de ville intelligente assurant ainsi leur adhésion et facilitant le passage à l’échelle.

Un des développements intéressants que nous souhaitions remarquer ce jour est celui d’espace appelé Infolab.

Leur apparition est liée à l’idée d’instaurer des espaces d’échanges, d’exploration et d’apprentissage au traitement des données pour favoriser une appropriation large par le  plus grand nombre.

A partir de 2013 apparaissent ces espaces Infolabs, dispositifs d’innovation ouverte pour prototyper des usages de l’information (définition de la Fing, Fondation Internet Nouvelle Génération ), en mettant à disposition des ressources, apportant des compétences, et en faisant se rencontrer les acteurs afin de répondre à des besoins propres et en mettant en avant l’aspect de l’accompagnement de projet.

Les Infolabs pour la donnée à l’image des ‘Fablabs’ pour la matière sont des lieux de partage de savoir-faire, de sensibilisation, de formation, et de prototypage d’usage avec des méthodologies et des compétences propres dans le but de bâtir des projets et de nouveaux usages.

Image result for infolabs

www.lemag-numerique.com

Selon la charte des infolabs (infolabs.io), c’est un « espace d’accueil ouvert et accessible à tous, qui recherche la diversité et la complémentarité des publics afin de privilégier la collaboration pour des idées plus neuves et enrichissantes ».

A qui s’adressent alors principalement les infolabs?

  1. aux particuliers et citoyens qui apprennent à traiter les données et peuvent également participer aux débats et aux projets initiés
  2. aux collectivités qui souhaitent utiliser les données de leurs territoires pour créer de nouveaux services aux citoyens
  3. aux entreprises qui incubent des projets, se forment ou font tester des services
  4. aux producteurs de données qui cherchent à valoriser leurs données et avoir des retours de leurs usages

3 ans après…comment poursuivre et amplifier ?

… Les infolabs sont encore peu développés et leur nombre est encore limité que ce soit en France ou dans le monde.  Cela tient notamment au fait que leur action est moins ‘concrète’ que la réalisation d’objets dans les Fablabs. L’enjeu est donc de réussir à développer des visualisations des données manipulables ou dynamiques afin de les représenter de manière physiques et en temps réel.

L’autre question vitale, concerne bien sûr la pérennité financière de ces structures. Aujourd’hui, les territoires investissent de l’argent dans les infolabs, mais ce soutien financier par définition et en tendance est limité notamment à cause des contraintes budgétaires des collectivités

Pour notre part, nous pensons que ces lieux ne remplaceront pas les travaux et projets conduits par des entreprises pour tirer parti des données au profit des territoires ou des acteurs publics et privés mais peuvent être complémentaires.

Les projets conduits par IBM avec et par ses partenaires industriels ces dernières années comme Spie, Veolia ou ENGIE ont apporté de la valeur aux territoires, que ce soit sur le traitement analytique des images de video-protection, la gestion ‘smart’ de l’eau, la gestion et le déploiement de bornes de recharge électrique pour ne citer que ces trois exemples. Ces projets ont répondu à des impératifs industriels qui ont nécessité les capacités métiers et numériques de nos entreprises et apporter gains et fonctionnalités recherchés.

En complément, les Infolab nous semble être une fantastique opportunité d’accélérer la ‘vulgarisation’ de la création d’usages à partir de la donnée et d’aider à démystifier les risques portés par le mot ‘donnée’ privée

Leur ‘business model’ au-delà du soutien public pourrait être à côté des réalisations privées comme celle d’un lieu de prototypage et de complément avant les pahses de déploiement à l’échelle.

 

Co-écrit avec Géraldine Saur – Apprentie Smarter City IBM France

Références:

 

La Smart City part de la donnée …. Vers l’Open Data

La donnée : matière première de la ‘ville intelligente’

Dans leur quête vers la Smart City : la ville parfaite, intelligente et réactive à l’écoute du citoyen, les villes s’appuient sur le numérique pour amplifier leur développement économique, améliorer leur efficacité opérationnelle, la gestion de l’énergie de la mobilité ou de la sécurité et bien sûr les services au quotidien pour rendre la vie meilleure à leurs habitants.

16-sept-pour-blog-img_0820

Pour cela, un élément est essentiel : la donnée.

Géo spatiales, de pression, de vitesse ou énergétiques, capter et disposer de ces gigantesques masses de données générées en continu notamment par les différents capteurs, opérateurs urbains, individus, véhicules connectés, smartphones ou applications va être la première condition à la mise en place d’une ville intelligente et durable.

La Base est donc de parvenir à récupérer toutes ces données de façon précise, les agréger, les trier, les normer, les classer et les gérer avant de pouvoir les remettre à disposition des services, applications pour les usagers de la ville alors en mesure de les exploiter.

Pour mener à bien leurs projets, les villes mettent en place ou vont devoir mettre en place une stratégie de Big Data,  qui va suivre principalement deux schémas :

Un axe opérationnel : Utiliser les données en temps réel pour optimiser le fonctionnement de la ville, mieux piloter les flux de transport et d’énergie, et pouvoir prévenir et traiter les moindres incidents ex : IBM a démontré à Madrid, Nice, Rio, Montpellier, Miami ou Mineapolis comment la collection des données et leur exposition après traitement analytiques pour action permettait d’optimiser les opérations de la ville et de réduire les dépenses ou les risques, Dijon a lancé une consultation avec le même objectif.

Un axe servitiel : Développer de nouveaux usages et services pour les habitants, à travers une vision participative de la création d’une Smart City, où les start ups et citoyens sont invités à collaborer et développer des projets au dela de ceux produits par la collectivité.ex : Chicago, NY, San Francisco, Lyon avec le Tuba, Rennes, Montpellier, Paris avec le Numa en sont quelques exemples.

Il s’agit finalement pour les citoyens de partager à priori les données qu’ils produisent au quotidien dans un contexte où ils ne savent pas forcément l’objet et les conditions de leur utilisation pour en espérer une utilisation qui leur serve à postériori.

Il est alors essentiel dans ces conditions que cette stratégie d’Open data affiche certains principes pour remporter l’adhésion des usagers et soit couronnée de succès :

  • Les technologies de Big Data utilisées doivent garantir la transparence et intéresser directement l’usager des services de la ville
  • La ville doit rassurer les habitants sur le respect de la vie privée par des outils et méthodes expliquées.
  • La ville doit ensuite collaborer avec les entreprises et opérateurs qui recueillent les données pour trouver les meilleures solutions qui combinent savoir métier et innovations technologiques mais aussi avec les citoyens
  • La ville doit enfin construire l’environnement urbain, contractuel et de participation permettant ces croisement de richesse et de compétences : Par exemple Veolia est en partenariat avec IBM pour rendre la gestion de l’eau plus efficace et moins chère à l’usager et Huawei, ENGIE a annoncé cet été son partenariat avec IBM dans les Smart City et les grands groupes acquirent ou prennent des participations dans des start up comme cette semaine le groupe Lacroix avec Neavia Technologies.

L’étape suivante consiste alors à libérer complètement ces données produites par la collectivité et en tout ou partie celles des opérateurs sous forme d’ Open Data, ceci se fera  au travers d’une plateforme digitale permettant la mise à disposition et l’utilisation des données par des tiers pour accélérer le voyage vers la Smart City.

Références :

La ville, le citoyen, les données et ses services

Interviewé pour le numéro 82 de traits urbains de mai juin, j’ai pu commenter quelques tendances actuelles du développement des Smart Cities et aussi les freins qu’il reste encore à débloquer.

En synthèse, et au delà des bases de la Smart City liées à l’expression des données et à la mobilité, on peut voir de plus en plus clairement la demande des citoyens de prendre en compte avec plus de considération la sécurité des biens et des personnes ainsi que la gestion des catastrophes naturelles.

La difficulté du passage à l’échelle des projets à celle de la ville reste une question clé même si on peut commencer à l’appréhender en anticipant l’intégration du numérique dans chaque nouveau projet de la collectivité.

La transformation numérique touche toutes les organisations et tous les ‘business model’, notamment avec l’approche économique des ‘plateformes’ mais il est nécessaire de poursuivre la connaissance du numérique au niveau des acteurs de la ville, non pas en objet technologique mais en créateur et catalyseur de nouveaux modèles.

En parallèle, on voit surgir de plus en plus de projets de bouquets de service au coeur des nouveaux quartiers et l’idée que le cognitif va pouvoir apporter des capacités d’intelligence pour mieux accompagner les décisions et les choix.

Le marché global semble lui de plus en plus attractif avec une estimation de 1,4 trillion de dollars en 2020.

Afficher l'image d'origine

L’usager doit pouvoir avoir accès à la donnée brute qu’il a produit…Lyon débat ‘Big Data et citoyen’

A Lyon lors de la remise du prix de l’Innovation Smart City organisé par le journal le monde j’ai pu participer à une table ronde autour du ‘Big Data’ et des risques et droits vis à vis de la donnée privée et du citoyen.

J’ai pu débattre avec Karine Dognin-Sauze, Vice President du Grand Lyon en charge de l’inovation et de la ville intelligente, avec Daniel Kaplan, Président de la FING et Alain Staron, Vice President des innovations numériques chez Veolia.

16 mai 20 prix innovation SCities Lyon IMG_1443

J’ai pu lancer le débat en confirmant que les Big Data étaient d’ores et déja présents, tant dans leurs dimensions de Volume, Vitesse et Variété, et que le nombre de données allait poursuivre sa croissance vertigineuse.  Certains évoquent 50 fois plus de données dans 8 ans, avec plus de 50 Milliards d’objets connectés en 2020 qui les produiront.

En début de discussion, plusieurs sujets ont été abordés comme celui de l’orientation ou de l’opacité des algorithmes qui vont s’appliquer sur la donnée, de la propriété de la donnée – même si sa spécificité fait qu’elle peut rester la proporiété de quelqu’un tout en ayant une autre instance traitée pour fournir un service – et très vite celui de l’asymétrie entre celui qui produit la donnée face aux groupes qui vont la traiter, voire en tirer profit.

J’ai insisté sur le fait qu’IBM apportait les outils à la collectivité ou aux opérateurs pour extraire et traiter la donnée mais n’était pas propriétaire de la donnée. De plus nos investissements en France apportent des garanties sur sa localisation.

L’asymétrie sur l’usage et son exploitation concerne plus les réseaux sociaux et Google, avec 300 Millions d’utilisateurs de Twitter, 400 Millions d’Instagram et plus de 1 Milliard et demi de profils Facebook.

Nous avons expliqué avec Alain Staron le projet HUBLOT de Lyon où Veolia et IBM ont pu apporter une solution de valeur qui a répondu aux demandes de la Metropole pour la gestion de l’eau tant sur le plan financier que sur celui de la qualité du suivi du réseau et notamment de la réactivité face aux fuites.Dans ce cas la donnée brute produite est cryptée, traitée et apporte un service à l’usager et à la collectivité.

Le rôle et l’intérét du TUBA à Lyon et d’autres lieux d’innovation ouverte, organisés autour de l’Open Data, regroupant grands groupes et start up pour créer de nouveaux usages autour de la donnée ‘exploitable’ ne sont plus à démontrer. Lyon avec le TUBA ou Montpellier avec IBM, qui ont été lauréat du challenge Big Data du gouvernement, ont démontré l’appétit des entreprises pour ces données, même si la viabilité et le ‘business model’ de certaines créations restent à démontrer dans le temps.

En dernière partie de la discussion, les questions sur le rôle du politique qui doit anticiper ces usages et être capable de légiférer pour respecter confidentialité et éviter les dérapages se sont accompagnées d’une discussion sur l’éduction à l’exposition de sa donnée personnelle sur les réseaux sociaux qui exige une prise de conscience des risques inhérents, notamment par les plus jeunes.

Enfin, en conclusion de la table ronde nous avons discuté de la possibilité à terme pour l’usager de récupérer sa donnée brute produite, au niveau du compteur d’eau, du compteur électrique intelligent ou par sa présence sur une caméra, et de la confier non pas à l’exploitant traditionnel, qui dans le cadre d’une concession ou régie va produire un service, mais à une start up ou entreprise de son choix pour qu’il lui ramène personnellement une valeur – dans ce cas sa donnée produite apporte un retour de valeur à son producteur non partagé avec une  communauté ….de nouveaux horizons pour l’Open-Innovation….

 

Apres plusieurs milliers de projets Smarter Cities conduits ou auxquels IBM a participé ces dernières années , les nouvelles technologies notamment le Cognitif et les plateformes analytiques supportées par le Cloud étendent les possibilités de progresser dans les moyens d’aider l’humain à prendre les meilleurs décisions dans les villes

Madrid utilise une plateforme technologique innovante qui permet d’améliorer la qualité des services, la communication entre les citoyens, l’anticipation des problèmes et la coordination des ressources

Michael Dixon, qui dirigeait l’initiative Smarter Cities a publié le mois dernier un article intéressant sur cette question:

« There is no doubt that IBM’s focus on the emerging Cognitive Era will have an impact in cities and state, local, and regional governments around the world in 2016.  After leading a broad variety of initiatives in Smarter Cities for nearly a decade, we can clearly see the opportunity to apply the latest advancements in technology to provide cities with leading edge services and cost efficiency, contributing to an improved quality of life for people and improved economic vitality for the cities themselves.
Over time, we expect that cities will increasingly become a “system of systems” — independent systems (in areas such as transportation, energy, education, and healthcare) will increasingly work together. Leveraging the Internet of Things, a myriad of devices will communicate with each other to deliver benefits, but without human intervention.
A great example stems from our recent purchase of The Weather Company. For instance, data from The Weather Company might predict a significant amount of rain. Because of the forecasting and historical information, a city could alert its citizens who might be affected by the storm, engage emergency services in preparation to provide the ideal amount of support where and when it would be needed, and notify people of events such as floodings, power outages, and street closures. It’s easy to suggest similar scenarios in traffic management, energy optimization, water use and a whole host of other things that affect our day-to-day lives.
However, most promising is our understanding that, through experiencing such events, the systems increasingly learn what works best and then integrate that information to deliver improved benefits in future — a cognitive system in action. The mobile app revolution, when coupled with emerging cognitive technologies, is increasingly providing opportunity for cities by providing an unprecedented level of communication with its citizens.
For example, in many of our smart water engagements, citizens are able to monitor their own water use directly, which promotes conservation. In addition, in Madrid, using mobile devices and social media, citizens are able to instantly communicate with the city and alert them to issues such as a leaking fire hydrant, traffic problems, a public safety concern, or damaged equipment in a playground. Just as importantly, citizens are now communicating with government about doing business and related workflow and having a significant impact on policy options and formation.
IBM has led the Smarter Cities revolution for the best part of a decade. We’ve always been clear that cities are engaged in a long-term evolution that will dramatically redefine what we mean by living, working and enjoying a city. Cognitive systems, now available in earnest, are taking that redefinition to a completely new level. »