L’Open data, levier de création de valeur

Dans le cadre d’un projet de recherche avec les étudiants du Master Large Metropolis de Sciences Po Paris, nous avons travaillé au travers de questionnaires auprès de plus de 30 villes en Europe sur le phénomène de l’Open Data, ses opportunités, ses risques, les business model associés et les nouveaux vecteurs d’innovation des villes.

Etudiants du Master Large Metropolis de Sciences Po Paris pour la restitution finale de l’étude

Depuis la directive européenne de 2003 et sa transposition en 2015 dans la loi Walter en France la poussée des acteurs publics pour disposer des données ouvertes n’est plus à démontrer. On peut citer notamment le domaine des transports avec le ‘projet de loi pour la croissance et l’activité’ qui est l’un des plus visible sur la valeur qui peut en être tirée, et le débat encore en cours entre la RATP et l’application ‘Citymapper’.

Cette volonté d’ouverture des données est vue par les petites villes comme un besoin de transparence  alors que les plus grandes en attendent de la création de valeur par le développement de nouvelles applications apportant de nouveaux usages aux habitants – A Londres près de 425 applications s’appuyant sur les données de mobilité existent déjà.

Dans les grandes villes américaines, mais aussi françaises comme à Paris ou Lyon des ‘CDO’ – Chief Digital Officer – ont été nommés pour accélérer cette création de valeur et organiser cette ‘mélée’.

L’idée de ces métropoles est de faire de la ‘création numérique’ sur ces données. Pour améliorer l’usage des services de la ville, mais aussi pour poursuivre l’enrichissement de nouvelles données et permettre la plus grande participation des citoyens, ce que nous confirmait Nantes.

Les premières questions sont techniques autour de ‘l’interopérabilité‘ entre jeux de données des différentes villes pour permettre à ceux qui vont créer des usages de ne pas devoir redévelopper pour chaque lieu l’ensemble de la chaine de valeur. S’ajoute à cela l’approche souvent ‘silotée’ des données qui ne sont que rarement partagées en un lieu unique et croisées pour créer de nouvelles occurrences, c’est ce que nous avions démontré et réalisé à Montpellier lors de notre projet de recherche : croiser les données météo, avec les données de mobilité et les données d’anticipation des risques de montée d’eau localisés apportent une valeur importante non traitée auparavant.

Le deuxième enjeu est celui des ‘droits’ à payer ou pas et des coûts engendrés pour la collectivité pour produire des données de qualité qui respectent les spécificités de la loi.

A cette heure aucune décision formelle n’est prise et le débat est fort entre les partisans du tout gratuit et ceux qui considèrent qu’à minima les frais engendrés à la collectivité doivent être compensés, surtout si ces données sont utilisées ensuite à des fins commerciales, là encore Lyon fait figure de pionnier et ses choix sont analysés comme exemple.

Retour sur l’étude du Syntec Numérique présentée au salon Innovative City de Nice sur les nouvelles tendances européennes de la Smart City

Le 16 juin à Nice, j’ai présenté en tant que Président de la commission ‘Ville’ du SYNTEC devant notamment des collectivités et la presse, les résulats de l’étude menée avec le Syntec Numérique sur les tendances observées dans le développement des projets de Villes Intelligentes.

Le périmètre de l’étude

Nous avons mené cette étude après les 3 années de ‘Baromètre numérique des villes’ et afin d’évaluer les meilleures pratiques constatées dans la démarche vers la ‘Smart City’

Rappelons nous que les objectifs apparues en 2015 sur le baromètre de la numérisation des villes étaient :

  1. La qualité de service restait l’objectif principal
  2. L’attractivité était identifiée comme première motivation des villes
  3. La bonne gestion restait une préoccupation constante
  4. Le financement des projets numériques semblait être problématique pour 20% des projets
  5. La participation des citoyens restait faible
  6. La répartition de modes de gestion restait en grande majorité pilotée en interne

Pour cette étude, nous avons conduit des interviews qualitatifs auprès de villes et territoires que nous avions évaluées avec les membres de la commission comme ‘en pointe’ dans leur démarche Smart City

Nice, Montpellier, Mulhouse, Lyon, Milton Keynes (Angleterre), Israël et Vienne et nous avons enrichis ces interviews par des faits et constats d’autres villes sur les même questions par les membres de la commission.

Notre enquête portait sur l’existence ou non d’une équipe et d’un budget dédié, la gouvernance des projets, l’existence d’une vision stratégique avec une feuille de route, le choix des objectifs principaux, les différentes parties prenantes identifiées, l’implication des citoyens dans les décisions, les indicateurs de performance utilisés, les risques et challenges à prendre en compte et finalement la place de la technologie dans le projet: place centrale ou seulement outil ?

 

Les résultats

Voici les tendances majeures que nous avons pu observées sur les derniers projets de Smart Cities étudiés et considérés par les ‘pairs’ comme des projets de référence dans le domaine :

  1. Un projet de smart city aujourd’hui, c’est… une consultation publique en amont à partir d’une vision stratégique pour valider une feuille de route précise, avec le plus souvent la mise en place d’un Chief Digital Officer et d’une plateforme de données ouvertes autour de la construction de nouveaux partenariats, type consortium
  2. … et ce n’est plus forcément… un budget dédié mais des budgets répartis, pilotés et convergeants vers une même stratégie, une vision de moins en moins « technocentrée » mais une approche de plus en plus citizen centric et ce n’est plus forcément une équipe dédiée mais des animateurs/ innovateurs qui poussent le projet.
  3. Finalement, les projets de Smart City ont pour objectifs de développer l’économie et l’emploi, d’améliorer la vie des citoyens, de protéger l’environnement et le territoire.

Présentation des résultats de l’étude Villes Intelligentes 2016, Nice, Innovative City le 16 juin

Les détails sont sur le site du Syntec numérique