La Smart City part de la donnée …. Vers l’Open Data

La donnée : matière première de la ‘ville intelligente’

Dans leur quête vers la Smart City : la ville parfaite, intelligente et réactive à l’écoute du citoyen, les villes s’appuient sur le numérique pour amplifier leur développement économique, améliorer leur efficacité opérationnelle, la gestion de l’énergie de la mobilité ou de la sécurité et bien sûr les services au quotidien pour rendre la vie meilleure à leurs habitants.

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Pour cela, un élément est essentiel : la donnée.

Géo spatiales, de pression, de vitesse ou énergétiques, capter et disposer de ces gigantesques masses de données générées en continu notamment par les différents capteurs, opérateurs urbains, individus, véhicules connectés, smartphones ou applications va être la première condition à la mise en place d’une ville intelligente et durable.

La Base est donc de parvenir à récupérer toutes ces données de façon précise, les agréger, les trier, les normer, les classer et les gérer avant de pouvoir les remettre à disposition des services, applications pour les usagers de la ville alors en mesure de les exploiter.

Pour mener à bien leurs projets, les villes mettent en place ou vont devoir mettre en place une stratégie de Big Data,  qui va suivre principalement deux schémas :

Un axe opérationnel : Utiliser les données en temps réel pour optimiser le fonctionnement de la ville, mieux piloter les flux de transport et d’énergie, et pouvoir prévenir et traiter les moindres incidents ex : IBM a démontré à Madrid, Nice, Rio, Montpellier, Miami ou Mineapolis comment la collection des données et leur exposition après traitement analytiques pour action permettait d’optimiser les opérations de la ville et de réduire les dépenses ou les risques, Dijon a lancé une consultation avec le même objectif.

Un axe servitiel : Développer de nouveaux usages et services pour les habitants, à travers une vision participative de la création d’une Smart City, où les start ups et citoyens sont invités à collaborer et développer des projets au dela de ceux produits par la collectivité.ex : Chicago, NY, San Francisco, Lyon avec le Tuba, Rennes, Montpellier, Paris avec le Numa en sont quelques exemples.

Il s’agit finalement pour les citoyens de partager à priori les données qu’ils produisent au quotidien dans un contexte où ils ne savent pas forcément l’objet et les conditions de leur utilisation pour en espérer une utilisation qui leur serve à postériori.

Il est alors essentiel dans ces conditions que cette stratégie d’Open data affiche certains principes pour remporter l’adhésion des usagers et soit couronnée de succès :

  • Les technologies de Big Data utilisées doivent garantir la transparence et intéresser directement l’usager des services de la ville
  • La ville doit rassurer les habitants sur le respect de la vie privée par des outils et méthodes expliquées.
  • La ville doit ensuite collaborer avec les entreprises et opérateurs qui recueillent les données pour trouver les meilleures solutions qui combinent savoir métier et innovations technologiques mais aussi avec les citoyens
  • La ville doit enfin construire l’environnement urbain, contractuel et de participation permettant ces croisement de richesse et de compétences : Par exemple Veolia est en partenariat avec IBM pour rendre la gestion de l’eau plus efficace et moins chère à l’usager et Huawei, ENGIE a annoncé cet été son partenariat avec IBM dans les Smart City et les grands groupes acquirent ou prennent des participations dans des start up comme cette semaine le groupe Lacroix avec Neavia Technologies.

L’étape suivante consiste alors à libérer complètement ces données produites par la collectivité et en tout ou partie celles des opérateurs sous forme d’ Open Data, ceci se fera  au travers d’une plateforme digitale permettant la mise à disposition et l’utilisation des données par des tiers pour accélérer le voyage vers la Smart City.

Références :

Une nouvelle orchestration des acteurs dans un projet de ville durable et intelligente

Le vice-président d’Innovation Bouygues Immobilier , Christian Grellier, l’a rappelé lors de son intervention à la conférence Smart Mauritius : «La technologie ne doit être qu’un moyen. Une ville durable c’est avant tout la recherche d’une meilleure qualité de vie avec un respect de l’environnement. Dans un tel projet, nous intégrons aussi bien les aspects intergénérationnels que le pilotage énergétique, le traitement des déchets ou les transports.»

Depuis plusieurs années, nous parlons de ‘Smart City’, pour IBM de ‘Smarter City’, pour d’autres de ‘Future Cities’ ou de ‘Cities of Tomorrow’ …

Autant de mots qui révèlent à la fois la nécessité et la volonté des acteurs de repenser la ville, ou plutôt son évolution dans un contexte démographique connu et d’une dégradation de la qualité de vie et du risque de pollution et de rareté des biens maintenant avérés.

Néanmoins, il faut probablement recadrer l’ambition et changer de paradigme et comprendre l’impact sur l’économie locale et la participation des habitants de la ville, une nouvelle orchestration des acteurs.

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La ville Intelligente n’est que le ‘moyen’ de la ville durable. C’est à la fois un ‘projet’ dans la durée, ce que symbolisent nos amis américains par le mot ‘journey’ ( un voyage ) mais aussi un changement de perspective ou de paragdime dans la façon de concevoir, de proposer, de construire et de gouverner.

En effet, le développement de la ville intelligente s’inscrit à la fois dans une trajectoire de projets successifs, de l’association du public et du privé et de l’utilisation d’un ecosystème local, composé d’acteurs universitaires, de start up et de participation citoyenne.

Il est maintenant acquis que l’autorité publique ne peut résoudre toutes les questions par elle même. Pour ce faire elle va associer les acteurs privés sous les différentes formes contractuelles et de partage financier et de gouvernance qui y sont associés.Délégation de service public pour la ‘Smart Water’ de Lyon avec le contrat de Veolia où IBM apporte son savoir faire numérique avec une solution de ‘SmartWater’ – Projet de ‘CREME’ pour l’appel Offre en cours de Dijon, considéré comme un élargissement d’un contrat de performance à de multiples objets publics et où le privé va garantir l’exécution du quotidien et la performance financière, voici deux exemples avancés de cette approche.

L’intégration des Start Up n’est plus à démontrer en étroite collaboration avec les territoires labélisés French tech et nous l’avions déja évoqué sur quelques exemples dans des articles précédents.

Enfin, la participation citoyenne apparait depuis quelques mois comme un moyen de ‘contrepoids’ au tout technique et surtout un moyen de mieux choisir et prioriser la succession des projets qui par nature vont composer la trajectoire de la ville intelligente.Co-conception, évaluation en temps réel du projet, alertes en temps réel de ce qui se passe dans la ville, autant de voies d’entrées et de co-gouvernance du citoyen dans la vie publique…alors qu’il a déserté les rangs du public lors des actes officiels des Mairies que sont les conseils municiapux….un moyen de relancer la participation démocratique !! ….

La Ville cognitive, intelligente et durable renforce ainsi son positionnement de moteur du développement durable, de catalyseur d’une économie locale et de faciliteur de la démocratie directe comme liant d’une population se détachant par ailleurs de ‘la politique’ exercée à l’ancienne.

La ville intelligente fait émerger de nouveaux métiers

Le Journal du Net a récemment mis en ligne une liste qui ouvre de nombreuses opportunités pour ceux qui cherchent un emploi d’un type nouveau :

  • Spécialistes de l’Internet des objets (designers, architectes, logisticiens),
  • Concepteurs de mobilité,
  • Planificateurs de services de véhicules autonomes,
  • Gestionnaires d’écoquartiers,
  • Juristes protecteurs des données privées, etc.

Cependant, pour que cela fonctionne et permette un « accroissement de démocratie », il faut aussi que les citoyens soient partie prenante.

C’est ce dont nous parle Francis Pisani dans son article publié il y a deux jours dans Le Monde, « Villes innovantes recrutent nouveaux métiers« .

Création d’un fonds de 50M€ pour le développement des villes intelligentes

Le Comissariat général à l’investissement (CGI) et Bpifrance viennent d’annoncer la création d’un fonds Ville de Demain (VDD), fonds d’amorçage qui investira au capital des sociétés en création qui souhaitent développer des technologies et services à destination de la ville intelligente.

Ce fonds fait partie des 440 M€ mobilisés dans le cadre du programme Investissements d’avenir. Plus de détail en suivant ce lien: http://www.vipress.net/un-fonds-public-de-50-me-pour-la-ville-intelligente/